Archives du 02/08/2017

« Citron » et « Nautilus »

Elle stationnait là, hier matin, dans Paris retrouvé, rue du Faubourg Saint-Martin (10ème). Je me suis demandé un moment si elle passait faire une cure de beauté – mais était-ce nécessaire ?

Il en reste encore, de ces voitures dites maintenant « de collection » (ne serait-ce que pour « figurer » dans certains films avec contexte historique), elles semblent venues d’ailleurs et y retourneront.

Cette calandre imposante avec le double chevron – les Citroën actuelles n’ont pas encore bénéficié de la taille de ce logo d’antan assez osé pour l’époque – et ces phares et cette mini-sculpture sur le capot, digne d’une Rolls-Royce, ces arrondis, ces ailes, ces chromes, ces marchepieds, cette ligne aérodynamique, ce gris lumineux, enfin, c’était beau, les « tractions avant ».

Roland Barthes a célébré la DS 19 dans Mythologies (Editions du Seuil, 1957, Points N°10, 1970, page 141) : « La « Déesse » a tous les caractères (du moins le public commence-t-il par les lui prêter unanimement) d’un de ces objets descendus d’un autre univers, qui ont alimenté la néomanie du XVIIIe siècle et celle de notre science-fiction : la Déesse est d’abord un nouveau Nautilus. »

Mais la 11 cv ou la 15 cv ici n’a rien à envier à cette image littéraire : l’impression de puissance et de grâce qu’elle donne à la fois, sa détermination apparente (même à l’arrêt) et son esthétique dépassent les voitures ordinaires, pour la plupart, de maintenant – elle demeure en tout cas une attraction.

Ainsi, un rêve de « Citron » pour la soif (du regard).

(photos : cliquer pour agrandir)

(Django Reinhardt, Blues)

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