les jours s’arrachent des éphémérides

Ici

ou là

au loin

frissons

sidération

cauchemar

ô rêve éveillé

ciel émerveillé

tacite et sans un

mot sauf nuageux

l’eau file comme son

ombre solide et blême

des arbres penchent leurs

bras vers la terre si assoiffée

République comme un souvenir

à l’arrêt avec des hoquets répétés

les jours s’arrachent des éphémérides

les chassés-croisés dansent la valse lente

des vacances enfuies ou naissantes dans ce

soleil capricieux même incendiaire la Corse est

un terrain de jeu flammèches calvinistes sur maquis

fumées blanches sur collines noires pour avions jaunes

rouges soldats du feu allumettes et briquets Bic en vente libre

l’été demeure chaud mais le Léthé rafraîchit le voyageur innocent

sur les autoroutes du Midi ou les TGV de l’après-midi rattrapant le retard

d’un pépiement de traverses ou d’aiguillages désynchronisés par la technique

la vague s’écrasera au loin en particules fines il suffit de surfer comme dans le film

admirable Point Break (1991) de Katryn Bigelow où les rouleaux emportent la pellicule

cette furie maritime comme une image de ce qui balaiera un jour la terre entière pas du tout

style SF mais apocalypse prévue now bombardiers d’eau mis au rancart n’en jetez plus et inutile

de lutter contre l’impensable l’insatiable l’inconnu l’immatériel l’insondable l’inimaginable l’invisible

(photo : cliquer pour agrandir.)

Tagué ,

22 réflexions sur “les jours s’arrachent des éphémérides

  1. brigetoun dit :

    si tenter inlassablement (facile à dire quand on attend cela des autres) contre  » l’impensable l’insatiable l’inconnu l’immatériel l’insondable l’inimaginable l’invisible » et la Corse comme terrain de jeu

  2. Arlette A dit :

    La pyramide des jours..

  3. Belle performance géométrique et réthorique !
    Au loin, là-bas la mer prend du recul avec la folie des hommes et se baigne dans la lumière.

  4. @ mchristinegrimard : bizarre, je ne l’ai pas vue du train. Mais j’ai pu l’apercevoir ailleurs ! 😉

  5. Alex dit :

    Ces incendies de forêt, en pleine canicule dépassant parfois les 40 degrés, et difficilement maîtrisés, en particulier en Corse, ont été douloureusement ressentis par tous les Français.

    • @ Alex : surtout avec l’absence criante de moyens matériels des pompiers et des Canadair hors d’âge… 😦

      • Alex dit :

        Tout-à-fait, manque de moyens et de pompiers professionnels, on fait appel à des bénévoles !!! Les bras nous en tombent. Encore une restriction de budget stupide.
        Cependant, les candidats aux élections présidentielles ont jeté l’argent par les fenêtres.
        Personnellement, je supprimerais ces campagnes coûteuses et inutiles, ces meetings où on n’apprend rien du tout, la télévision, la radio, les journaux, internet, sont largement suffisants.

        @ Alex : les meetings de campagne présidentielle sont heureusement reportés à dans cinq ans (sauf événement imprévu)…
        Par contre, la baisse des dotations aux collectivités locales (300 millions d’euros) est un mauvais signe par rapport à la réduction des dépenses qui s’attaquent déjà – sans surprise – aux services publics. 😉 D.H.

  6. christiane dit :

    C’est comme une parole d’abord hésitante qui prend force et s’étend, enveloppante, fascinante. Écrire en dessinant le souffle. Une vague, aussi…

    • @ christiane : c’est vrai, j’ai repensé à Jean-Michel Othoniel… 🙂

      • christiane dit :

        Mais la vôtre n’est menaçante que par ses prophéties finales. Le dessin en est très pur.
        Ici
        ou là
        au loin…
        ça commence comme un sautillement de moineau et ça se déploie dans les ailes du milan qui plane et louvoie.

        @ christiane : merci ! 🙂 D.H.

  7. Alex dit :

    Entre autres économies budgétaires, euthanasier tous les retraités et tous les malades – supprimer tous les déplacements (incessants) des hommes politiques en avion – ils se déplacent d’ailleurs à quelques centaines de personnes – ils n’ont qu’à utiliser Skype sur internet.

  8. Godart dit :

    Belle pyramide, Pepy qui se dédit, tout est dit.

  9. goutte à goutte, syllabe à syllabe, le verbe s’impose, marque son assise, et quel que soit le tourbillon éphémère du monde, les mots offrent le sens qui nous permet de croire qu’à défaut de maitriser quoi que ce soit, on y comprend quand même un peu quelque chose !
    🙂

  10. Et la mer cercueil pour les migrants éteint les feux des pyromanes sur les cailloux que les Dieux ont jeté dans la Méditerranée

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