Mémoires et grimoires d’Arles en juillet dernier [11]

Le titre de l’exposition arlésienne des photos de Masahisa Fukase, « L’Incurable égoïste », renvoie au paradoxe de sa démarche : être enfermé sur lui-même et sa famille (et son chat…) et s’ouvrir à l’extérieur (les gens, les corbeaux…), sortir de sa chambre noire, même malade, pour affronter le clair-obscur du réel.

La touche ou la retouche qu’il apporte à ses photos – adjonction de couleurs au noir et blanc, punaises incrustées dans l’image… – est plus que la trace de sa « patte » mais le dépassement de la représentation elle-même, sa transformation en œuvre picturale qui fait fi des genres et des conventions, sans pour autant prétendre créer une nouvelle catégorie esthétique : simplement traduire sa pensée ou sa vision personnelle, « égoïste » mais partagée.

(photos : cliquer pour agrandir.)

(Charlie Parker, All the things you are)

[ ☛ à suivre ]

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17 réflexions sur “Mémoires et grimoires d’Arles en juillet dernier [11]

  1. brigetoun dit :

    beau
    et le ciel arlésien prend sa place pour ajouter du bleu à une de ses photos (quant au partage, femme et fils ont eu leur part de dévouement)

  2. Toujours été fascinée par les effets de la colorisation des photos, confirmée ici

  3. gballand dit :

    La photo et la vie en interaction permanente, « toutes ces choses » dont on peut faire sa vie…

  4. Arlette A dit :

    Admiration pour ce travail persistant et l’idée de poursuivre sans relâche

  5. Francesca dit :

    Entre la nicotine et le monoxyde de carbone, photographes et photographiés asphyxiés, mais en beauté !
    N° 2 : remarquable carrelage autour du manteau de cheminée…

  6. @ Francesca : interdisons toute vie s’adonnant à quelque plaisir que ce soit – tant qu’il y en a encore – et tout le monde (ou ce qu’il en restera) sera content et « en marche » vers une existence parfaite avec un Président apportant le baume « réparateur » aux quelques malheureux oubliés ou victimes (on se demande bien pourquoi) ici ou là d’une « nature » plus puissante qu’un Hulot.

    Oui, carrelage d’origine française. 🙂

  7. PdB dit :

    le photographe figure-t-il sur (ce que j’identifie comme) la photo de famille ? (en tout cas, belle constance…) (merci pour le morceau magique de Bird)

  8. Alex dit :

    Photos colonisées : pour me tenir tranquille, ma grand-mère Emma me donnait une boîte de vieilles cartes postales qu’elle collectionnait. J’étais particulièrement en admiration devant celles qui étaient en couleurs, repeintes à la main – un gagne-pain supplémentaire pour les artistes de l’époque – couleurs douces et joyeuses à la fois, comme celles des premiers livres pour enfants.

  9. @ Alex : on se dit qu’il y a un côté « rétro » dans cette technique et on pense effectivement aux cartes postales des années 30 (?) avec de jolies dames sur fond de tour Eiffel… 😉

  10. Alex dit :

    La carte postale illustrée et en couleurs commence en 1900.
    Différents procédés sont appliqués pour coloriser.
    Mais les dernières retouches étaient faites à la main.
    Mes parents et grands-parents habitaient l’arrière-Montparnasse, un quartier de peintres, connus et méconnus, et justement certains des méconnus avaient gagné leur vie en repeignant les cartes postales.
    Témoignage d’Alex.
    Les paysages avaient quelque chose d’irréel, surtout les ciels.

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