Archives du 16/11/2017

Un certain rapport avec la Belgique à Paris

Ce regard bovin, mais venu des Flandres, broutant près d’un feu rouge sur le boulevard de Magenta. Et puis, dans la rue de Marseille, ce portrait de l’homme à la pilosité bleue : j’ai pensé à Baudelaire qui se teignit un jour les cheveux en vert et qui n’aimait pas du tout la Belgique.

En rentrant, je feuillette mon Pléiade (je n’en ai possède pas une longueur d’un mètre) et, au hasard, je tombe sur ce passage :

« Le plus fort, dit-on, des peintres belges, celui que ces buveurs de faro et ces mangeurs de pommes de terre comparent volontiers à Michel-Ange, Monsieur Alfred Stévens, peint d’ordinaire une petite femme (c’est sa tulipe, à lui) toujours la même, écrivant une lettre, recevant une lettre, cachant une lettre, recevant un bouquet, cachant un bouquet, bref toutes les jolies balivernes que Devéria vendait 20 sols, sans plus grande prétention. Le grand malheur de ce peintre minutieux, c’est que la lettre, le bouquet, la chaise, la bague, la guipure, etc… deviennent tour à tour l’objet important, l’objet qui crève les yeux.
– En somme, c’est un peintre parfaitement flamand, en tant qu’il y ait de la perfection dans le néant, ou dans l’imitation de la nature, ce qui est la même chose. »

Charles Baudelaire, Œuvres complètes, Sur la Belgique, Pauvre Belgique (La Pléiade, Gallimard, 1961, page 1428.)

(Paris, 15 novembre. Cliquer pour agrandir.)

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