Jeux de Bâle (9)

Marc Chagall n’a pas peur de survoler les frontières : la Ruche l’accueille à Paris en 1911 et la tour Eiffel devient l’équivalent d’un phare pour lui (elle n’est pas encore devenue un poteau publicitaire), son rayon l’atteint en plein cœur et il peut rencontrer alors des artistes qui tous, comme lui, envisagent la vie non séparable de l’art – et vice-versa.

Ses « œuvres de jeunesse » – comme l’on dit parfois en parlant de certaines « frasques » – montrent une imagination surréelle avant la lettre, la liberté hors de toutes les conventions, l’échappée belle, le vol par-dessus la reproduction terre à terre, les cadrages de travers, les animaux gentils et les humains frappés parfois d’amnésie dans le village regretté.

Fraternité d’un univers recomposé, poétisé, histoires juives et universelles, souvenirs de couleurs rouges ou bleues, teintes de toutes sortes avec l’image spirituelle d’un monde en mouvement vers des espaces nuageux, ensoleillés ou amoureux.

 

(photos : cliquer pour agrandir.)

(Musique kletzmer)

[ ☛ à suivre ]

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22 réflexions sur “Jeux de Bâle (9)

  1. Alex dit :

    La Tour Eiffel construite pour l’exposition Universelle de 1889, dont elle était le chef-d’oeuvre, était considérée comme un résumé et un symbole du savoir-faire français.
    D’où ses nombreuses représentations en peinture.
    Gustave Eiffel a également aidé le sculpteur Bartholdi pour la statue de la Liberté, 1886, exécutée à Paris en pièces détachées, assemblées et boulonnées ensuite à New York.

  2. gballand dit :

    Une entrée synthétique mais alléchante de l’oeuvre de Chagall.

  3. Alex dit :

    Dans la religion juive ou musulmane, la représentation humaine est interdite.
    Chagall, Soutine, Modigliani, se sentaient artistes avant tout, au-dessus des contraintes sociales ou religieuses. La vraie religion, c’est l’art.
    La liberté avant tout. On aimerait que certains reviennent à ces concepts.

  4. brigetoun dit :

    j’aime surtout cette période (enfin je le pense, et puis quand je vois les tableaux les plus célèbres qui ont perdu les angles je suis conquise)
    et j’aime « son rayon l’atteint en plein coeur » (très Chagall)
    découverte, les portraits dessinés

  5. Merci de nous entraîner à votre suite dans cette visite et pour votre description si juste de la singularité de Chagall.
    Merci pour cette escale géniale dans l’œuvre de Chagall !

  6. Les quatre petits portraits sont une découverte !
    Chagall et Le Greco, ces poètes.
    Beau texte

  7. toujours moderne l’ami Chagall

  8. PdB dit :

    magnifique les vaches ! (et la musique kletzmer qui va comme un gant)

  9. Francesca dit :

    C’était mieux d’être à Bâle qu’à Vienne où les choses tournent très très mal et où l’on n’entend peut-être plus de musique klezmer… (Lire et voir, de Robert Bober, le livre et le film Vienne avant la nuit).
    Merci pour ces Chagall toujours gais dans la douleur et leurs couleurs si reconnaissables.

  10. oh que j’apprécie la première car je vois comme une sorte de deux vues, suite aux deux visages dans une même tête, comme si on regardait son quotidien et comme si on regardait un autre monde, on voyage selon sa personnalité…

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