Jeux de Bâle (10)

Enjamber avec allégresse les années (à rebours), passer d’un tableau à l’autre, d’un Juif à l’autre, d’un village à l’autre, d’un âne souriant à l’autre (musicien), d’une femme gantée à l’autre – la même Bella – d’une maison qui fume à un paysage d’écolier…

André Breton : « C’est de cet instant (1911) que la métamorphose, avec lui seul, marque son entrée triomphale dans la peinture moderne. Pour consommer le bouleversement des plans spatiaux préparé de longue main de Rimbaud et en même temps affranchir l’objet des lois de la pesanteur, de la gravité, abattre la barrière des éléments et des règnes, chez Chagall cette métamorphose se découvre d’emblée un support plastique dans l’image hypnagogique et dans l’image éidétique (ou esthétique) laquelle ne devait être décrite que plus tard avec tous les caractères que Chagall a su lui attribuer. »

(citation non sourcée, recopiée sur ce site)

Un truc bizarre : alors que je m’approche de la grande toile « Moi et le village » (1911, ici photo numéro 7), un gardien me dit qu’il est interdit de la photographier : une icône d’appareil photo barré figure effectivement au-dessous du tableau. « Elle appartient à un collectionneur privé », m’explique l’homme en noir, auquel j’ai demandé la raison de cette prohibition. Je prends donc une vue en plan large de la salle avec le tableau sur la gauche, une fois qu’il a le dos tourné.

La reproduction de cette œuvre célèbre de Chagall est d’ailleurs facilement trouvable sur Internet.

(« La Prisée », 1 et 2, 1912.)

(Autoportrait, 1914.)

(« Moi et le village », 1911, MOMA de New York.)

(« La Noce », 1911-1912, Centre Pompidou.)

(« Au-dessus de Vitebsk », 1914.)

(Toutes les photos sont agrandissables.)

[ ☛ à suivre ]

Tagué , ,

20 réflexions sur “Jeux de Bâle (10)

  1. brigetoun dit :

    merci simplement… (et oui, il est assez célèbre pour qu’on le reconstitue – d’autant plus avec la photo – ce tableau, mais quelques découvertes pour moi dans la série montrée, même si j’en connaissais certains)

  2. Grand merci pour ce billet, la citation de Breton, et les tableaux parmi lequel figure mon préféré dans toutes les nuances du bleu de Chagall. Quelle chance pour nous que vous ayez visité cette magnifique exposition !

    • @ mchristinegrimard : Merci ! Elle valait (entre autres) le déplacement…
      La focalisation d’une expo sur une période donnée (ou sur un thème précis) permet de ne pas se disperser dans un amas parfois indistinct de tableaux ! 🙂

  3. @ brigetoun : il faut bien que les gardiens servent à quelque chose… (la peinture doit parfois leur sortir par les yeux) ! 🙂

  4. gballand dit :

    Etonnant Chagall. La citation éclaire un peu cette oeuvre foisonnante. Je me souviens – un peu – du musée Chagall de Nice, que je viens d’ailleurs de revisiter avec internet 😉

  5. @ gballand : je n’y suis jamais allé (mais si je vois un « délinquant » dans le musée niçois, je le filme immédiatement avec mon smartphone !)… 🙂

  6. Alex dit :

    Comment peindre l’espace ? Comme au théâtre ou sur une scène de danse, le sujet se meut ou pose dans l’espace… Problème depuis la préhistoire.
    Chagall y est merveilleusement arrivé.

  7. PCH dit :

    quelque chose de tellement sympathique dans le travail de ce peintre et de ses multiples mariés…

  8. trop beau, on se régale tout de suite après le petit déjeuner. La citation de Breton est encore meilleure si on y accole le bruitage verbal culturel contemporain.
    la jeune fille aux longs cheveux penchée sur son téléphone de la photo n°7 pourrait être la mienne, c’est fascinant !

    • @ colorsandpastels : Je présume que cette visiteuse (votre fille fait peut-être des escapades sans vous le dire…) cherche la reproduction sur Internet du tableau non photographiable… 🙂

  9. Francesca dit :

    Chagall, c’est de l’amour en peinture avec les « amoureux en bleu », « la noce » dans le shetl,.. Toutes ses couleurs et ses symboles sont là, dans « Moi et mon village ».
    Merci de la visite et des photos. Et aussi d’avoir cité « La petite louve » wallonne !

  10. Arlette A dit :

    Rester devant un tableau le temps qu’il faut pour qu’il nous parle .. Chagall est maître de ce jeu que préconise Daniel Arasse.
    Quant au gardien grincheux, juste un sourire prudent en souvenir cuisant d’une presque expulsion du musée Maillol à Paris devant un essai de discussion…

  11. @ Arlette A : no pb, j’avais corrigé ! 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :