Archives du 06/02/2018

Jean Fautrier, la rétrospective éclairante =6=

« Mais que dire d’un Braque ou d’un Fautrier qui tout à la fois, d’un même mouvement, montrent et ne montrent pas, invitent et refusent, forment la clarté et l’éteignent, donnent le sens – et c’est un autre sens qui est le bon. Que dire sinon qu’avec eux commence et se fonde une peinture, qu’il faudrait appeler la peinture de la part obscure ou du contresens. »

Jean Paulhan (dossier de presse de l’expo).

Dans la suite égrenée – comme par des sommations gutturales ou des coups de feu énigmatiques dans la forêt de Châtenay-Malabry – des tableaux, sculptures et dessins de Jean Fautrier, s’énonce une recherche, une expérimentation constantes sur ce qu’est ou pourrait être la peinture, un art apparaissant désormais peut-être « en voie de disparition », menacé par la vidéo (comme la peinture figurative le fut par la photographie) ou d’autres techniques numériques et insaisissables, voire des « installations » aussi inventives parfois que dérisoires en certaines circonstances.

La confrontation manuelle avec les « pâtes », les différentes matières picturales utilisées, la subjectivité totale (mais portant à l’universalisme) se mêlent ici avec la quête de la lumière, extérieure ou intérieure, avec ce vacillement perceptible, dans chaque œuvre de Jean Fautrier, identique ou presque à la flamme d’une bougie même sans le vent venu du dehors.

Et la nuit, de ses pigments, mitraille dans tous les sens : ses victimes sont aussi de simples dormeurs.

(Toutes les photos sont agrandissables.)

[ ☛ FIN ]

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