Refondation acclimatée (7)

Pouvait-elle briller plus longtemps par son absence ? Mais la musique est un art et sa « plastique », insaisissable du regard, nous accueille dans une salle où l’installation de Janet Cardiff dispose quarante haut-parleurs qui diffusent chacun la voix unique d’un des participants qui interprètent un motet du compositeur anglais Thomas Tallis (1505-1585).

Ainsi, ce sas sensoriel marque une étape non picturale dans l’ascension vers le haut du musée : la sonorité des cimes – concurrençant ex abrupto le silence des cimaises – nous appelle. Le ciel est bleu, peint à grandes brassées et envolées, la voûte de bois supporte l’élancement au-delà du cadre.

(Kerry James Marshall, Untitled, Club Scene, 2013.)

(Ian Cheng, Emissary in the Squat of Gods, videos, 2015.)

 (Diffusion de Forty-Part Motet.)

(Cliquer sur les photos pour les agrandir.)

(Thomas Tallis, Spem in alium)

[ ☛ à suivre ]

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18 réflexions sur “Refondation acclimatée (7)

  1. brigetoun dit :

    magnifique architecture… deux belles oeuvres montrées et j’aurais adoré écouter(en regrettant d’être aussi peu seule (vais me consoler en écoutant en solitaire)

  2. Alex dit :

    Merci pour la découverte de Janet Cardiff.

  3. @ brigetoun : on pouvait passer et s’arrêter devant chaque haut-parleur, c’était un jour sans foule… 🙂

  4. Désormière dit :

    Oui, Janet Cardiff. J’ai vu cette installation, il y a quelques années, je l’ai filmée. Il faut que je retrouve la video.

  5. Magnifique envolée de la musique sous les verrières aux allures de cathédrale, une sensation unique probablement !
    Cette architecture extraordinaire de Gehry semble jouer avec la lumière et le vent, comme sa réalisation à Prague « la maison dansante » elle diffuse sa propre musique les jours de tempête de vent.

  6. @mchristinegrimard : oui, cela change des salles en forme unique de parallélépipèdes et de l’absence de surprise architecturale : ici, pas de séparation entre « le fond et la forme », on gravit le chemin en altitude sans avoir les skis aux pieds !
    Quand je suis allé à Prague en 1990, la « maison dansante » de Franck Gehry n’existait pas encore, dommage ! 🙂

  7. Apothéose : l’architecture la musique et ce splendide Kerry James Marshall

  8. @ colorsandpastels : c’est un tableau très mystérieux en effet ! 🙂

  9. Domi Amouroux dit :

    Cette architecture m’a rappelé celle de Guggenheim à Biibao. Mêmes sensations. Avec la musique, c’est sublime…

  10. Francesca dit :

    Merci de ce motet ! « Pas d’espérance en quelqu’un d’autre » que leur dieu… Les croyants n’ont-ils donc aucun espoir en l’Homme ? Pourtant capable du meilleur, telle cette musique éthérée et ce magique agencement bois-fer-verre lancé vers le ciel.

  11. Sans nier les qualités certaines du lieu, je préfère (ce qui donne un idée de l’échelle de mes intérêts) le petit camion jaune fatigué de la bannière et le jeu d’essayer de retrouver les titres (enfin, d’imaginer retrouver les titres) et les auteurs (Thomas Mann, Erich Maria Remarque, d’accord, mais qui est ce Samuel [Beckett, possiblement, mais pourquoi pas Johnson ?] et qui est 385 ?) de la douzaine de livres cachés derrière.

  12. @ carnetsparesseux : on peut préférer les miniatures mais la grandeur a aussi son attrait vertigineux…
    Pour les auteurs que vous citez et pour Beckett, vous avez raison ; pour « 385 », je ne sais plus à qui correspond ce numéro car tout a été mis dans un nouveau désordre ! 🙂

  13. PdB dit :

    dix minutes de bonheur…

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