Archives du 01/06/2018

Malraux dans les cordes

Surprise de voir, hier en fin de matinée, ce portrait d’André Malraux étalé sur le flanc d’une maison de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

(photo du 31 mai. Cliquer pour agrandir.)

J’apprécie le « street art », mais là je me suis demandé pourquoi le ministre de la Culture qui fit entrer Jean Moulin au Panthéon, avec les accents d’outre-tombe que l’on sait, interpellait ainsi le passant ou le conducteur de véhicule de l’autre côté du carrefour, tout en conjuguant sa présence – il semble collé au mur – avec une affichette de combat de boxe comme s’il était lui-même dans les cordes.

L’image m’a rappelé la célèbre photo réalisée par Gisèle Freund en 1935 à Paris : André Malraux se tient droit dans son imper, les cheveux en bataille, le mégot à la bouche : cette funeste cigarette a peut-être d’ailleurs été supprimée ici volontairement de l’œuvre murale (comme bien plus tard ce fut le cas sur un timbre de la Poste et pour une affiche de la BnF gommant l’impudence fumeuse de Sartre).

Cette apparition impromptue du grand homme pourrait par ailleurs détourner l’automobiliste de l’attention qui sied à sa conduite (les voitures sans chauffeur n’étant pas encore très répandues) : par pur principe de précaution, ne faudrait-il pas alors ravaler ou effacer cette façade potentiellement dangereuse – comme certaines idées « révolutionnaires » en vogue à l’époque ?

Enfin, après le laps de temps programmé, le feu passa du rouge au vert. Tout était redevenu soudain plus paisible.

(cliquer pour agrandir de nouveau.)

(Le Chant des partisans)

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