Archives Mensuelles: septembre 2018

Court polar sans boussole [4]

Anvers : c’est facile de trouver la Hoveniersstraat.
On se gare en face du magasin de diamants.
La voiture reflète le soleil du matin sur le pare-brise.
On ferme les portières, chacun prend son porte-documents.
La caméra de vidéo-surveillance surplombe l’entrée.

Nous lui sourions.
De l’autre côté une jeune femme apparaît (il est 10 heures).
Elle nous ouvre.
Nous voici dans le sas, on a enfilé des costumes gris anthracite.
Nous indiquons que nous aimerions examiner des bijoux pour un cadeau à nos épouses.

La vendeuse en robe noire dit simplement : « Suivez-moi ».
Elle montre ses jolies jambes caressées par des bas résille.
Tous les colliers et les bagues sont exposés sous vitrines.
Elle nous en débloque une.
Je prends délicatement une rivière de diamants, elle coule entre mes doigts.

Notre vendeuse explique, en français avec l’accent belge, qu’il s’agit d’une très belle qualité.
Soudain, Bruno L. fait apparaître au jour son Glock 43, la vise et lui dit :
– Ouvrez toutes les vitrines, ramassez toute la camelote et mettez-la dedans ! »
Il étale les sacs de nylon, elle les remplit tout de suite avec la marchandise scintillante.
La vendeuse est seule dans la boutique, son patron n’arrivera que dans une demi-heure.

Le revolver sur la nuque, elle nous conduit vers la sortie.
Aucune sirène ne s’est déclenchée, pas de voiture de police en vue ou en ouïe.
Nous démarrons à toute blinde dans la « Stude », direction la France par les petites routes.
Je mets la radio, ils diffusent un morceau de Jefferson Airplane : Marty Balin est mort.
Il est 7 heures, je me réveille, mon blog programmé hier doit être en ligne à l’instant.

(Gand, décembre 2015. Cliquer pour agrandir.)

(Jefferson Airplane, White Rabbit)

[ ☛ FIN ]

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