Archives du 17/09/2018

Vitesse minimale obligatoire pour les piétons parisiens

(Paris, avenue Parmentier. Gif du 16.9.18. Agrandir.)

Afin de mettre enfin de l’ordre dans le déplacement des piétons parisiens (après tout, il n’y avait pas, ici, que des voitures, des motos, des scooters, des Vélib’, des trottinettes électriques, des planches à roulettes, etc.), la Mairie avait décidé – dans son désir permanent de rendre plus fluide et plus respirable la circulation dans la capitale – d’imposer à ceux-ci un rythme minimum de déplacement sur les trottoirs.

Le seuil de vitesse minimale avait été fixé à 8 km/h. Des panneaux indicateurs (JCDecaux fut remplacé par Smovengo, après démonstration par ce dernier d’un savoir-faire indiscutable dans le domaine de la « mobilité douce ») avaient été fichés (et « fléchés », comme on dit) sur tous les parcours piétonniers, larges trottoirs des Champs-Élysées ou petits sentiers pavés du Marais, afin que la population ne traîne pas le nez en l’air et soit sans cesse « en marche » d’un bon pas : celui des personnes dynamiques, qui ont un but à atteindre ou doivent tout simplement traverser la rue pour trouver très facilement un emploi en ces temps d’arc-en-ciel économique.

Les handicapés, porteurs de béquilles, assis en fauteuil roulant, boitant ou traînant la patte, devaient porter sur la poitrine un large auto-collant rouge et bleu qui signalait leur infortune au corps spécial de contrôleurs urbains (société Intérim & Co), les exonérant ainsi de tout procès-verbal éventuel d’un montant de 454,75 €.

Des radars « piétonniers », couplés à des caméras disposant de systèmes de reconnaissance faciale, avaient été implantés systématiquement sur l’ensemble des voies réservées aux bipèdes.

Depuis longtemps, les voitures avaient été totalement interdites à Paris (fussent-elles électriques, hybrides, à essence, « gazole » ou gazogène…) et ne gênaient plus les alvéoles de stationnement et respiratoires des habitants de la Ville-lumière qui attirait de plus en plus un nombre incalculable de touristes français et étrangers.

ll fallait donc faire accélérer le flux populaire. Et c’était formidable pour la santé, Agnès Buzyn en était tout à fait d’accord.

Emmanuel Macron, séduit, avait donné sa bénédiction à cette subtile initiative et demanda fermement à Benjamin Griveaux, l’un de ses affidés, de retirer sa candidature aux prochaines élections municipales à Paris contre Anne Hidalgo, la tenante du titre.

Tagué , , , , ,