Archives du 04/10/2018

L’aiguille liturgique (Royaumont, 3/3)

Cette aiguille liturgique perce le ciel comme un reproche, elle signifie qu’ici une sorte de cathédrale fut détruite (après avoir été construite en à peine sept années) et demeure pourtant avec ses fondations et la reconstitution virtuelle qui peut en être observée sur place, grâce aux petits dispositifs binoculaires dispersés sur le champ même de son arasement.

L’ancien banquier de Marie-Antoinette, le marquis de Travannel, acheta l’abbaye dans son ensemble en mai 1791 et fit abattre l’édifice religieux, dont les pierres servirent à la création d’un village ouvrier (le serpentement de l’eau servait à la filature installée dans les lieux).

Arrêté le 7 novembre 1793 par les Révolutionnaires, l’avisé marquis avait bien joué : « Cette preuve de civisme lui permit d’échapper à l’échafaud et il fut libéré après les journées de Thermidor. »

Le cloître et les autres bâtiments de l’abbaye de Royaumont ont vu passer les siècles aussi rapidement et majestueusement que les nuages.

(reconstitution virtuelle de la nef, photographiée à travers le binoculaire.)

(photos : cliquer pour agrandir.)

(Chant grégorien, Introit, Gaudeamus, abbaye de Fongombault.)

[ ☛ FIN ]

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