Archives du 12/02/2019

À Montparnasse, du haut de la plus haute tour

C’est comme un rappel du monolithe noir du film de Stanley Kubrick, 2001, Odyssée de l’espace. Le gratte-ciel se dresse toujours là, intemporel, de jour et de nuages, de nuit et de pluie.

Ce soir, la rue de Rennes est calme, un abribus Decaux affiche curieusement quelques conséquences prévisibles de la récente loi dite « anti-casseurs », magistralement désossée et dénoncée par François Sureau – un avocat et écrivain « proche de Macron » – dans Le Monde du 4 février, hélas réservé aux abonnés (me contacter au cas où), et qui se trouve encore en cours de « navette » parlementaire.

À Montparnasse, du haut de la plus haute tour, même amiantée ou aimantée, la démocratie s’observe comme avec un télescope : pour d’autres, ce sont des caméras de vidéo-surveillance, dites aimablement de « vidéo-protection ».

Le ministre de l’Intérieur veille – pour le treizième samedi consécutif de manifestation « gilets jaunes » que le « grand débat national » et les shows télévisés et marathoniens de son patron n’arrivent toujours pas à éteindre – et « regrette ».

Certes, la « reconnaissance faciale » policière est entravée par les cagoules et autres passe-montagnes anti-lacrymogènes (les grenades GLI-F4 sont d’un ordre plus définitif), ce qui est délictueux ; on s’étonne quand même que notre pimpante « start-up nation » n’ait pas encore trouvé le moyen de repérer et d’identifier les individus un tant soit peu rebelles à la politique du pouvoir en place, au travers des écharpes et des lunettes de plongée dont ils se couvrent par simple précaution de santé.

(Paris, rue de Rennes, 9.2.19. Cliquer pour agrandir.)

(The Dave Brubeck Quartet, Unisphere)

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