À Montparnasse, du haut de la plus haute tour

C’est comme un rappel du monolithe noir du film de Stanley Kubrick, 2001, Odyssée de l’espace. Le gratte-ciel se dresse toujours là, intemporel, de jour et de nuages, de nuit et de pluie.

Ce soir, la rue de Rennes est calme, un abribus Decaux affiche curieusement quelques conséquences prévisibles de la récente loi dite « anti-casseurs », magistralement désossée et dénoncée par François Sureau – un avocat et écrivain « proche de Macron » – dans Le Monde du 4 février, hélas réservé aux abonnés (me contacter au cas où), et qui se trouve encore en cours de « navette » parlementaire.

À Montparnasse, du haut de la plus haute tour, même amiantée ou aimantée, la démocratie s’observe comme avec un télescope : pour d’autres, ce sont des caméras de vidéo-surveillance, dites aimablement de « vidéo-protection ».

Le ministre de l’Intérieur veille – pour le treizième samedi consécutif de manifestation « gilets jaunes » que le « grand débat national » et les shows télévisés et marathoniens de son patron n’arrivent toujours pas à éteindre – et « regrette ».

Certes, la « reconnaissance faciale » policière est entravée par les cagoules et autres passe-montagnes anti-lacrymogènes (les grenades GLI-F4 sont d’un ordre plus définitif), ce qui est délictueux ; on s’étonne quand même que notre pimpante « start-up nation » n’ait pas encore trouvé le moyen de repérer et d’identifier les individus un tant soit peu rebelles à la politique du pouvoir en place, au travers des écharpes et des lunettes de plongée dont ils se couvrent par simple précaution de santé.

(Paris, rue de Rennes, 9.2.19. Cliquer pour agrandir.)

(The Dave Brubeck Quartet, Unisphere)

Tagué , , , , , ,

22 réflexions sur “À Montparnasse, du haut de la plus haute tour

  1. Alex dit :

    Du haut de la Tour, on se demande où on va – mansuétude pour les uns, sévérité pour les autres – incohérence de toute façon.

  2. La ville s’habille de lumières, de l’or au mauve, pour repousser les démons de la nuit. Y parvient-elle ? Belles photos !

    • @ mchristinegrimard : Merci ! Mais les démons ne disent mot. Le liseré bleu dont la tour est entourée devrait, par son électricité statique, parvenir peut-être à les repousser !… 🙂

  3. des intellectuels commencent à se faire entendre

  4. brigetoun dit :

    la tour (l’aime bien avec un stupide sentiment de remords – je n’étais que sténo dactylo débutante après avoir abandonné mes études d’architecte – parce que le cabinet de Cassan et d’Albert a été mon premier employeur et que j’étais amie – au sens d’amitié – du jeune architecte de chantier et passionnée par son travail )
    sûr qu’un proche de notre start up nation cherche un moyen qui ne semble pas liberticide pour une fois de déjouer les écharpes et masques – vont quand même pas se laisser ennuyer par nos misérables protections (mais alors n’auront plus l’alibi de l’erreur)

  5. Le logo du cycliste dans ce sens-là donne un visage soucieux… Bonjour Dominique ! Merci pour la rue de Rennes et ses habits de nuit. Et pour Dave Brubeck aussi.

    • @ les-ateliers-du-déluge : quand cette image aplatie prendra enfin toute la largeur de la chaussée, on en aura terminé avec les discussions byzantines sur « voiture électrique », « hybride », « essence » ou « à pédales »… 🙂

  6. Godart dit :

    Persistance du bleu électrique de jour comme de nuit. Les 100.000 volts de Gilbert Bécaud sont largement dépassés par le Dave Brubeck Quartet et son saxophoniste Paul Desmond (mais on aimerait bien trouver la prise pour se débrancher du verbiage gouvernemental de plus en plus insupportable).

  7. Francesca dit :

    La tour est de toute beauté quand… on y est, mais ces photos de nuit la montrent sous son beau jour !

  8. PdB dit :

    (le maire du 15 voulait démolir cette tour – il disait ça en riant parce que c’est drôle – un UMP comme de juste – maintenant je ne sais plus) magnifique piano (c’est joli, cette tour bleuie – la lumière du lampadaire lui donne un air de lune) un concours a été lancé – et gagné – pour la rénover je crois bien

  9. Dominique AUTROU dit :

    Le phare (de la pensée ?) est (uniquement) terrorisant.

  10. Alex dit :

    La tour Montparnasse, également appelée tour Maine-Montparnasse, est le plus haut gratte-ciel de Paris intra-muros. Sa hauteur, de 209 ou 210 m, en a fait pendant longtemps l’immeuble le plus haut de France, jusqu’à l’achèvement, à Courbevoie – La Défense en 2011, de la tour First.
    À sa construction, ce gratte-ciel était l’immeuble de bureaux le plus haut d’Europe, et il l’est resté pendant dix-sept ans, jusqu’à la construction à Francfort de la Messeturm, en 1990.
    Elle est 25e au classement des plus hautes tours d’Europe en 2016.

    Depuis sa construction en 1973, les habitants de Montparnasse en particulier, et nombre de Parisiens dont Bertrand Delanoë, estiment que ce gratte-ciel défigure Paris et demandent sa démolition.

  11. Je suis là un peu plus bas devant l’église St Germain-des-prés, j’attends le 95. Et regarde la tour au loin.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :