L’œil n’est pas dans la tombe

Synapses électriques

recharger la batterie

les décharges imprévues

laissent des traces d’ADN

dans le soir zébré

par des cavales solitaires

l’horizon se rétrécit

à la vision monoculaire

longue-vue exigée

l’œil n’est pas dans la tombe

la paupière bat encore

des barrières s’abaissent

des ponts-levis se lèvent

la ville s’enferme et se clôt

sur son espace muré

le hululement des loups

n’est pas vraiment audible

les espèces animales

sont en voie de disparition

rien à craindre hors les humains

mais vous oiseaux enchanteurs

du matin léger

pic-verts des bois parsemés

parcheminés aux ronces vertes

chants du rythme naturel

saccagé par les industriels

aux futurs cercueils de chêne

avec poignées d’or de chez Roblot

faites-un signe un battement d’aile

les nuages bienveillants

surveillent l’avancée résistible

de la rétroaction politique

et de l’amalgame mijotant sur le feu

ils pourraient rafraîchir les idées

de ceux qui ne peuvent distinguer

l’étoile toujours brillante

d’avec une galaxie engloutie

par le culte de la marchandise

à date de préemption

sur le tapis roulant

de l’hypermarché libéral

(Roubaix, Parc Barbieux, 9.06.18. Cliquer pour agrandir.)

Tagué , ,

21 réflexions sur “L’œil n’est pas dans la tombe

  1. brigetoun dit :

    j’aime et ne sais que dire – que j’ai souri de travers

  2. Beau poème aussi charpenté que cet arbre remarquable !

  3. Alex dit :

    Un arbre centenaire en majesté… jalousement gardé dans le parc… Il nous fait oublier toutes les turpitudes de cette société marchande de l’éphémère, du profit à court terme, de la violence des bruits et des couleurs…
    Merci Dominique, pour cette photo de sérénité.

  4. annaurlivernenghi dit :

    Lu à haute voix c’est formidable.
    Merci pour les oiseaux enchanteurs du matin léger,

  5. Benhamou dit :

    Dominique, votre texte est rafraîchissant et optimiste malgré tout sans parler de la hauteur de vue (les nuages, c’est le cas de le dire!) cela fait du bien tout simplement !

  6. « Souvent je ne vois pas la nuit arriver. C’est un battement spécial de mon cœur qui me prévient » Aporos 31, Francis Royo

  7. auprès de votre arbre, je vivais – heureux.

  8. tartaglia dit :

    ça coule entonnoir

  9. Ah! le parc Barbieux!

  10. Francesca dit :

    Beau poème pour bel arbre !

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