Archives du 03/03/2019

« Le Cubisme » au Centre Pompidou, horizons perpendiculaires ou pendulaires [2/5]

Je me faufile dans la foule, je marche sur un sentier imaginaire et c’est Pablo Picasso qui joue le pôle magnétique, il est présent partout, maître des cérémonies, organisateur fantôme, ou presque, des relations, rendez-vous, collisions artistiques de l’exposition.

Ainsi, comment ne pas être saisi par sa « chaise cannée » où un morceau de toile cirée est collé sur la toile, lui donnant le relief à trous qui serait autrement absent, encadrée qu’elle est en plus par une corde faisant office de filin vers ce qui devient, malicieusement, une sorte d’objet « empaillé » soudain vivant ?

Et puis, encore une guitare – Picasso est un grand musicien mésestimé – dont le corps s’arroge une ouverture mystérieuses fabriquée avec un simple tuyau de poêle, alors la maquette d’origine en carton se transforme en instrument introuvable à la Carelman, la fumée s’échappe dans le musée sans déclencher pourtant une sonnerie intempestive, les cordes sont faites de fils de fer et les notes industrielles résonnent évidemment de manière métallique, jonglant joyeusement avec la partition invisible.

(Pablo Picasso, Le Guitariste, été 1910.)

(Pablo PIcasso, Homme à la clarinette, 1910-1911.)

(Roger de la Fresnaye, Alice au grand chapeau, 1912.)

(Marc Chagall, À la Russie, aux ânes et aux autres, 1911.)

(Pablo Picasso, Nature morte à la chaise cannée, Paris, début mai 1912.)

(Pablo Picasso, Guitare, Paris, janvier-février 1914.)

(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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