Archives du 05/03/2019

« Le Cubisme » au Centre Pompidou, horizons perpendiculaires ou pendulaires [4/5]

L’enfilade des salles (treize à la douzaine) pourrait décourager : on ne saurait plus où donner de la tête (cubique) et il aurait fallu prévoir trois ou quatre heures – ou plus, comme le temps d’un show présidentiel – pour regarder, examiner, éplucher, admirer au bout du compte chaque tableau de cet étalage artistique.

Et encore, ne surtout pas se munir d’un « système audio » qui vous impose dans les oreilles le temps de stationnement devant chaque œuvre et le commentaire savant, sans réplique, d’une voix sortie d’une bibliothèque ou des cintres tout là-haut.

S’en remettre plutôt à l’impromptu, au hasard du coin du bois (ou du cadre), de l’éclat d’une couleur (un rouge, un gris…) ou de celui d’un regard peint (bleu ou vert…).

Une expo ne doit pas, pour moi, ressembler à un parcours obligé, enrégimenté, avec lectures obligatoires de longues dissertations sur les murs, mais permettre de se laisser aller au cours, au flux de l’inattendu – un nom, un titre, une date à côté d’un tableau suffisent – et alors d’enfourcher l’imagination sans références à « l’Histoire de l’art », à ses déploiements ou à ses luttes intestines, à ses tâtonnements ou avancées, à ses percées vers le jamais-vu auparavant.

Au final, vraiment découvrir – comme ceux qui, sur leur toile ou devant leur sculpture, ont pénétré dans l’inconnu et l’ont, quelque part, avec une captivante surprise, reconnu.

(Marie Laurencin, Apollinaire et ses amis (deuxième version), 1909.)

(Pablo Picasso, Portrait de Max Jacob, 1907.)

(Francis Picabia, « Udnie », jeune fille américaine ; danse, 1913.)

(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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