Archives du 25/09/2019

D’un labyrinthe noir et/ou lumineux ======= 3/5 =======

Je m’aperçois que j’ai peu photographié les objets ou sculptures « préhistoriques », comme s’ils étaient trop éloignés de l’objectif et devaient être préservés de son œil tout à la fois impassible et inquisiteur. Leur influence « souterraine » sur les œuvres de notre temps suffisait sans doute  à mettre en valeur, en relief, les marques qu’ils avaient laissées, au travers des millions d’années égrenées, dans la pâte picturale ou dans les constructions imaginées par des artistes toujours proches.

Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une exposition (comme on pourrait le croire d’emblée) sur la préhistoire vue d’un seul point de vue scientifique – mettant au jour les découvertes, les grottes de Lascaux ou Chauvet-Pont-d’Arc avec leurs chevaux et bisons furieux, les « bibelots » d’ivoire (de mammouth) ou de pierre, les statues féminines… – mais de ce que ces aérolithes (on pourrait alors parler de l’aérolithique) tombés ou projetés depuis le dessus et le dessous de la terre ont pu produire comme effets-retour sur l’esprit ouvert des peintres (Picasso, Max Ernst…), des sculpteurs (Giacometti…) et des écrivains (Michaux, Bataille…) vivant dans les plus récents siècles de notre ère.

(Raoul Ubac, Objets possibles, 1938.)

(Michael Heizer, Awl n4, 1988-1989.)

(Lucio Fontana, Concetto spaziale. La fine di Dio, 1963.)

(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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