Dans la rue d’une certaine folie

Elle attire par son nom, pourtant rapidement débusqué, qui annonce tout un programme : la rue de la Folie-Méricourt (Paris, 11e) présente bien une physionomie étrange.

Elle semble comme frappée d’une sorte de cataclysme qui aurait seulement laissé survivre quelques boutiques bizarres. Le calme règne, les trottoirs sont déserts. Un bistrot, près du carrefour de la rue Oberkampf, accueille un type qui sirote son café comme terrassé.

Aucune voiture, vélo, scooter ou trottinette ne semble l’emprunter (la rue est en sens unique), comme s’il s’agissait d’un mauvais lieu qu’il faudrait éviter au plus vite.

De l’autre côté de ses façades austères et abruptes, il doit peut-être s’en passer de belles…

Un Simenon aurait pu inventer là un crime ordinaire – mais ce n’est pas la rue Ordener – même si l’on sent tout à coup le parfum entêtant de sa pipe s’échapper d’une cheminée découpée sur le ciel gris.

(photos prises le 2 octobre. Cliquer pour agrandir.)

(La Monte Young, B flat Dorian Blues)

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18 réflexions sur “Dans la rue d’une certaine folie

  1. brigetoun dit :

    et j’habitais non loin d’elle (il y avait aussi la rue d’autre Folie, Regnault celle là) et près d’une très grande folie, celle du Père-Lachaise le confesseur du roi.

  2. Arlette Arnaud dit :

    Quel talent de conteur. ..retrouver des sensations par vos mots et images ..aimerai y revenir

  3. c’est pas du Simenon, c’est du DH

  4. Godart dit :

    Admise, admis, mots persécuteurs de nos jeunes années.

  5. @ Godart : bien reçu ! 🙂

  6. Francesca dit :

    Des amis habitent cette rue où à toute heure le calme règne. On dirait que personne ne vient là qu’à pied et que les voitures préfèrent concentrer le brouhaha sur le boulevard Richard Lenoir.

  7. PdB dit :

    j’ai le souvenir que se tenait là un garage revendeur de motos que j’étais venu visiter – une enseigne qui n’existe plus (peut-être, si je me souviens pourtant si, du côté de Daumesnil) (je vais aller voir) (en sa fin en bas du faubourg du Temple pourtant le souvenir des attentats du treize novembre quinze…)

  8. Désormière dit :

    Certains passent et se fondent aux couleurs de la rue, du sac à dos aux baskets ; d’autres jouent le contraste et s’incrustent.

  9. @ Désormière : de l’art d’utiliser le décor… 🙂

  10. Aunryz dit :

    Il me souvient d’un temps où j’habitais un hameau de 9 habitants
    ici je n’en vois que 2
    La densité qu’affiche wikipedia pour Paris
    n’a pas vraiment de sens
    hors les maths
    __
    Heureuse présence de cette veste verte
    qui permet de s’apercevoir que les photos sont en couleur (sourire)²

  11. @ Aunryz : oui, Paris n’est pas surpeuplé… et même si le gris domine, le vert a tendance à s’épandre silencieusement… 🙂

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