Archives du 05/11/2019

De l’autre côté du quai


(Paris, 27 octobre. Cliquer pour agrandir.)

Le rideau noir ne s’ouvre pas, le titre de la pièce Alma-Marceau (avec le mime) apparaît mais elle ne suit pas le convoi. L’indication lettrée en blanc sur la plaque d’émail bleu foncé reste à quai. On imagine pourtant qu’elle soit alors entraînée par le métro lui-même : la station deviendrait anonyme et les rares passagers en attente embarqués malgré eux vers une destination inconnue : plus aucun arrêt ne serait marqué, plus aucun nom ne serait cloué aux murs carrelés.

Le métro vagabonderait alors sans parcours prédéterminé, il prendrait son envol depuis sa déambulation aérienne, il deviendrait un long Zeppelin silencieux, emportant ses passagers d’abord anxieux puis ravis en direction de Rome ou de Berlin, sans plus de mur ni de frontières, sans horaires ni paiement, une liberté totalement imaginaire, rêvée, joyeuse, plaisante comme une douce folie ayant soudain germé dans toutes les têtes tourneboulées, à l’origine souterraines.

(Art Blakey and The Jazz Messengers, Dat Dere)

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