La manif parisienne un peu « cassée » du 5 décembre

Par « principe de précaution », je n’avais pas pris mon sac à dos, hier après-midi, pour aller jeter un œil (si j’ose dire) à la manif du 5 décembre qui devait passer place de la République, d’ailleurs déjà bien remplie.

Arrivé au bout de la rue Beaurepaire (10e), entièrement barrée comme toutes celles donnant sur le quadrilatère célèbre, je suis fouillé par un CRS, très poli : je n’avais emporté que ma carte d’identité, mes clés, mon téléphone et un paquet de mouchoirs. J’avais oublié de prendre avec moi un marteau, un pied-de-biche, des lunettes de plongée ou de ski, un casque et un masque à gaz (« armes par destination »).

Il est 14 heures et le cortège, qui a démarré depuis la gare du Nord, avec destination finale la place de la (« start-up ») Nation, se laisse apercevoir de loin, immense, impressionnant. On patiente, on papote, les flics immobiles sont au complet.

Soudain, à la fin du boulevard Magenta, un petit groupe de jeunes habillés en noir s’attaque à un feu rouge – une couleur pourtant respectable – et commence à allumer des pétards. Le poteau s’enflamme peu à peu. « On déteste tous la police ! » crient les manifestants masqués, à environ 30 mètres du cordon de CRS qui ne bouge pas d’un cil derrière les visières.

Il est vrai que les BRAV-M (« Brigades de répression des actions violentes motorisées ») sont stationnées tranquillement plus loin, auprès de leurs motos, rappelant étrangement les « équipages » de « voltigeurs »  dissous après la mort de Malik Oussekine… le 6 décembre 1986.

D’autres « casseurs » – comptés au nombre de 1 000 la veille par le préfet de police de Paris Lallement et qui n’a donc pas dû être étonné de leur présence conforme à ses renseignements – commencent à s’en prendre à du mobilier urbain. Des bouteilles volent, des grenades éclatent.

Après une heure et quart d’un manège qui s’amplifie et donne le tournis, je décide de quitter ce lieu d’expression restreinte. Je regarderai plus tard sur BFMTV comment se sont déroulées ensuite ce qui est noté pudiquement sur l’écran comme « tensions place de la République ».

Cette dernière serait-elle en danger ? De quoi demain sera-t-il fait dans le « bras de fer » (ou de rail) engagé entre le pouvoir au bandeau sur les yeux et les Français qui sont écœurés par sa politique désastreuse ?

(photos prises le 5 décembre à Paris, 10e. Cliquer pour agrandir.)

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17 réflexions sur “La manif parisienne un peu « cassée » du 5 décembre

  1. brigetoun dit :

    le rêve peut tourner violent… mais peut-être pas tout à fait assez pour dissuader tous les rêveurs

  2. PdB dit :

    avancer et tenir avec courage (je m’en vais) (amicalement)

    • @ PdB : Je trouve que la « une » de Libé ce matin avec son « En Marche », même ironique, n’est pas terrible.
      J’aurais préféré : « En Avant ! » (ou « Avanti ! » pour toi… 🙂

  3. Il n’y a pas eu d’éborgné hier

  4. Je ne tiens jamais de propos politiques dans mes commentaires. Ni dans mes écrits. Je suis un bourgeois. Frileux et conformiste. Par manque d’habitude j’avais lu, sur les banderoles publicitaires, Ça barde ! Au lieu de Ça brade !

  5. Francesca dit :

    Regarder sans intervenir le mobilier urbain se faire détruire et les bouteilles voler… est-ce un moyen d’éviter le pire ?

    • @ Francesca : la police obéit aux ordres. Le préfet Lallement – même s’il en a ras-la-casquette qu’on le vilipende – est le grand ordonnateur de la stratégie sur le terrain et ses consignes retombent en pluie sur les casques de ses subordonnés.

      • Francesca dit :

        Oui, et si l’on découvre que personne n’a parlé de « l’accident » du journaliste Mustafa Yalcin blessé à l’œil par un éclat de grenade lacrymo qui a éclaté son masque de protection, on se pose un millier de questions…

      • @ Francesca : Oui, merci d’avoir ouvert le lien que j’ai mis en réponse à « colorsandpastels ». Le refrain médiatique (et la « satisfaction » affichée d’un Édouard Philippe !) n’est pas aussi souriant que la réalité. 😉 D.H.

  6. Aunryz dit :

    Trêve … dans les mesures sans démesurées.

  7. J’avais mon sac à dos,
    pour transporter mon chapeau.

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