Métro poli – sans tain – en miroir

(Paris, station Jacques Bonsergent, 10e, 18 février. Cliquer pour agrandir.)

Comme une compétitrice lambda (style LREM) pour la conquête de la mairie de Paris, je  m’amusais à imaginer un projet faramineux qui pourrait attirer à moi tous les hésitants, les timides, les pas vraiment convaincus ou les proches de l’abstention : prolonger le métro poli – sans tain – en miroir de Paris jusqu’à Marseille, en passant par Dijon et Lyon.

D’abord, en filant (à vitesse modérée) dans ce tunnel longue distance, les Français redécouvriraient le charme des épopées ferroviaires de nuit, hélas en voie de disparition.

Puis, ils profiteraient d’un voyage qui n’abolit pas le temps de manière aussi artificielle qu’un TGV mais permet de le déguster, tout en offrant le temps de relire un épais roman de Stephen King (la belle imagination du 22/11/63) ou de revoir sur un smartphone plusieurs films d’Andreï Tarkovski, sans être dérangés sans cesse par le paysage (piqueté d’éoliennes à foison) sauf quand la rame emprunterait quelques ponts lancés au-dessus de la surface d’un fleuve.

Le percement de la ligne créerait par ailleurs des milliers d’emplois et la société Bouygues, choisie après un appel d’offres sans contestation, mettrait rapidement en chantier ce qui demeurerait la signature « constructiviste » d’Agnès Buzyn au cours d’un quinquennat remarquablement pauvre jusqu’alors en réalisations architecturales.

Enfin, les « clients » – la RATP, à l’occasion de cette opération d’envergure, serait privatisée afin de se montrer plus dynamique qu’un service public vérolé par les grèves à répétition – découvriraient la convivialité du convoi à la progression paresseuse, doté d’un wagon de restauration et de jeux de société, et à l’obscurité propice aux rapprochements d’individus enfin libérés de leurs inhibitions sociales répréhensibles de jour.

Alors, le teint de chacun s’en trouverait rosi à l’arrivée, le soleil marseillais se chargeant de bronzer en quelques minutes, une fois rendues à l’air libre, les peaux des passagers encore toutes enamourées durant la très longue traversée souterraine (pour un prix minime) de notre beau pays.

(The Velvet Underground, Sunday Morning)

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16 réflexions sur “Métro poli – sans tain – en miroir

  1. brigetoun dit :

    ben zut… (ou tant mieux, sais pas) vous ne passeriez pas par Avignon entre Lyon et Marseille –
    dommage vous feriez la campagne de tout un tas de maires sur votre route
    et le convoi à l’avance paresseuse me tenterait assez (il faudrait arriver à ajouter dans le beau nom de la chose un peu de bleu comme pour le train d’antan)

  2. Vous réinventez l’omnibus.
    Qui sait ? Un besoin de lenteur, de soleil et d’air moins nauséabond, peut-être ?
    Arrêtez-vous à Lyon, la ville bétonnée sera bientôt plus chaude que Marseille !

    • @ mchristinegrimard : l’omnibus remplace la rapidité par la sapidité !
      Lyon : quelques balades sont listées dans « Le Monde », il reste encore aussi le Parc de la tête d’or (pas besoin de Central Park local !)… 🙂

  3. Francesca dit :

    Grand regret des trains de nuit où pourtant j’ai toujours été incapable de dormir. Idée à suivre.

  4. Godart dit :

    Riche idée que ce métro poli sans tain, d’autant plus que le retour aux voyages de nuit pourrait, tradition oblige, le transformer en métro polisson.

  5. PdB dit :

    (Entendrait-on un petit peu de ce joli bontempi dont on jouait ici il y a peu ? ah non,cette clarté, non…) (jolie chanson Nico en tout cas) (le type (Lop) qui voulait prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer, aux présidentielles, tu te souviens j’imagine, y était, il est vrai né, dans cette Marseille…)

    • @ PdB : Oui, il aurait été un candidat idéal pour les prochaines élections municipales, ce Ferdinand, et de haute volée par rapport aux petites ambitions de nos compétitrices et compétiteurs actuels…
      « Tous pour le Front Lopulaire » ! 🙂

  6. Aunryz dit :

    Pour un prix minime ?
    Voilà un cadeau que je ferais dans ce cas
    volontiers à mes amis parisiens.

  7. Robert Spire dit :

    Un slogan pour une RATP privatisée :
    « Que l’appellorio Quai-ZAC »
    (Pour un embarquement en zone d’aménagement concerté….vers le sud)

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