Archives du 22/07/2020

Des publicités « faites maison »

Il existait une véritable industrie qui repeignait les façades des maisons avec des publicités, contre monnaie sonnante et un peu trébuchante, et cela agrémentait l’ordinaire des propriétaires : il fallait simplement trouver un mur aveugle.

J.-C. Decaux et son empire n’avaient pas encore lancé leurs panneaux rabougris (les fameux « 4 x 3 ») qui allaient ensuite prendre le format « sucette » (surtout pour les glaces et esquimaux Miko) puis devenir, sous d’autres formes, déroulants et lumineux la nuit.

L’attention de l’automobiliste pouvait à l’époque être sans doute abusée par ces images hygiénistes, alimentaires (eaux minérales, boissons alcoolisées, comme celles vantant les vins jurassiens d’Henri Maire avec le slogan « Plus on en boit, plus on va droit » !) ou bucoliques. La vitesse n’était pas limitée à 80 km/h sur le réseau routier dûment cadré de platanes au garde-à-vous.

Le temps passé, comme suspendu aux teintes pastels en cours d’effacement inéluctable, resurgit parfois ainsi au détour d’une route nationale ou dans la traversée d’un village. Il est de plus en plus rare de rencontrer encore ces vestiges médiatiques dans les villes où ils sont remplacés par les tags et des affichages dûment autorisés, surtout dans les zones commerciales périphériques où ils prolifèrent sans gêne.

Alors la nostalgie apparaît tout à coup discrètement, comme si l’on conduisait en réalité une Peugeot 203 de couleur crème, avec son lion en relief à la proue du capot : incroyable mystère de la transformation des véhicules au gré d’une vision rencontrée de manière inattendue.

(Environs de Roscoff, 13 juillet. Cliquer pour agrandir.)

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