D’équerre avec Le Corbusier (à la Tourette) \2/

Construite sur pilotis (de béton), la nef conventuelle impose sa force en épousant la pente de la colline. La gradation des supports ressemble à une composition musicale, renforcée par les fenêtres striées de Iannis Xenakis – très impliqué dans le projet global – et correspondant à la rythmique de son œuvre Metastasis.

L’ensemble, grâce aux ouvertures et aux décrochements multiples, allie la légèreté à l’audace du geste architectural. Le vertige esthétique n’est pas que de façade.

On grimpe plusieurs des cinq niveaux mais il est impossible d’avoir accès à la terrasse, espace réservé à la méditation des Dominicains (le bâtiment comporte une centaine de « cellules » pouvant, pour la moitié d’entre elles, être louées par des hôtes de passage), qui ne sont plus aussi nombreux qu’au début de leur installation en juillet 1959.

Le parcours dans le bâtiment est labyrinthique. Une porte affiche une étiquette « salle Xenakis » mais elle est, hélas, fermée au public. La bibliothèque, débordant de livres d’art, de design et d’architecture, est confinée sous verre.

La quinzaine de visiteurs dont nous sommes portent le masque : ici, c’est comme une sorte de mini-aube, un petit uniforme qui raréfie la parole ou la concentre. La guide, à l’écoute des questions, nous emmène au travers des détours et des pans coupés vers les surprises de la lumière à l’intérieur du lieu tout à la fois saint et profane.

(photos du 17 août. Cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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16 réflexions sur “D’équerre avec Le Corbusier (à la Tourette) \2/

  1. brigetoun dit :

    oui la musique des percements et de la lumière (et si joli : les mini aubes !)

  2. @ brigetoun : la lumière est une architecture. 🙂

  3. PdB dit :

    tout un programme… (la photo dans les rouge blanc beige noir des tuyaux est d’un ordre parfait) (avec ton prénom, un séjour s’imposerait)

  4. Francesca dit :

    La bibliothèque est tentante et j’ai craqué sur la haute meurtrière encadrée de rouge de la salle où la conférencière officie, appuyée à une sorte d’autel…

  5. @ Francesca : j’ignore si leur « hôtellerie » attire des pèlerins… et je n’ai pas pu dénicher le menu (pension complète possible), même en code QR… 🙂

  6. Depuis ma fréquentation assidue du travail d’Emmanuel Delabranche et aussi de ses quelques visites sur ce site, j’ai très envie de voir ce bâtiment. Lors d’une prochaine vacance peut-être.

  7. gballand dit :

    Un lieu bien surprenant. Nous aussi, dans le monde d’après, nous sommes sur pilotis, mais ils ne sont pas en béton car un rien peut les faire tomber 😉

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