D’équerre avec Le Corbusier (à La Tourette) \3/

Dans l’imperturbable couvent Sainte-Marie de La Tourette (n’oublions pas ici l’associé de Le Corbusier, André Wogenscky), le soleil pénètre sur la pointe des pieds. Il frappe en quelque sorte avant d’entrer. Ne pas déranger le recueillement, la méditation ou la discussion (immense salle de réunion des Dominicains ou des « stagiaires »).

Les fenêtres aux claustras filtrent les importuns : le jour est bienvenu mais exige aussi que l’on aille vers lui – système de loggias, de « fleurs de béton » qui détournent le regard ou l’obligent à choisir une direction où il se posera. La lumière extérieure, comme intérieure peut-être, s’apprivoise sans un crissement.

Puis, en pente douce, nous suivons la guide : elle actionne alors la grande porte du fond qui s’ouvre tout à coup automatiquement, par magie céleste, pour laisser apercevoir l’image d’une croix décentrée, comme virtuelle, signal de l’entrée dans l’église.

(copie d’une table créée par Charlotte Perriand.)

(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

Tagué , , ,

10 réflexions sur “D’équerre avec Le Corbusier (à La Tourette) \3/

  1. brigetoun dit :

    « La lumière extérieure, comme intérieure peut-être, s’apprivoise sans un crissement. »
    merci pour cette visite méditative en images et mots

  2. @ brigetoun : visite ou, pour certains, « visitation » ? 🙂

  3. Francesca dit :

    Cette visite sur pilotis, c’est du béton, merci.

  4. pas fou du Corbu, plutôt augustinienperretiste par atavisme géographique, mais j’avoue qu’un béton lumineux fallait l’imaginer (et le réaliser).

  5. Godart dit :

    Le béton pas embêtant, le bois, le fer, le verre, le tout enrobé de lumière avec la nature en toile de fond. Une incitation douce à méditer sur notre place dans le domaine du vivant.

  6. Aunryz dit :

    Les prises de vue mettent bien en valeur ce qu’elles saisissent ici.
    La phrase citée par Brigetoun est très belle
    (désolé) davantage pour moi que ces lignes droites
    qui sont à l’image de toute cette raideur de l’homme aux aspirations verticales
    dont les conséquences sont omniprésentes autour de nous.
    Mais effectivement
    cela change du plan habituel des lieux liturgiques

    (ceci dit, l’humain lui-même a un plan unique (sourire)² )

    Le lieu me semble davantage fait pour
    celui qui y passe ou y fait retraite … et qui peut se noyer dans ces flots de lumière
    que
    l’homme d’église qui cherche le recueillement
    et préfère dans ce cas une clarté moins royale.
    (Le ratio visiteurs /résidents infirme-t-il cela)

  7. @ Aunryz : L’homme d’église peut se retirer dans sa cellule ou, mieux, dans son for intérieur… 🙂

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :