Archives du 16/11/2020

La faux et le vrai

(Paris, 12 novembre, 10e. Cliquer pour décupler.)

La faucheuse était au rendez-vous, mais qui regardait en l’air ? Les masques brouillent parfois l’horizon.

La faux et le vrai : là, ce personnage robotisé (intelligence artificielle en route ?) semblait être la cible du geste du faucheur, sans doute un paysan révolté contre les néonicotinoïdes ou essayant d’abattre, de faucher, un intrus peut-être venu du Japon, un samouraï du XXIème siècle parti à la conquête du monde occidental, caparaçonné comme il le fallait à l’époque des Seigneurs de la guerre.

Apocalypse symbolisée par l’instrument agraire qui éradique les mauvaises herbes, élimine d’un coup tranchant les plantes rebelles ou fugaces, les inopportunes comme les contaminatrices, les herbues ou les trop bues : l’éclair de la faux luit dans le jour, le soleil s’y reflète et renvoie ses rayons ardents dans l’œil mal abrité de celui qui ose regarder la mort en face.

Le combat s’engage, il n’est pas gagné d’avance : même si on a pu écrire puis filmer une histoire avec ce titre : Mort, où est ta victoire ?

La lame de fond – comme une pandémie, comme un pandémonium – s’avance telle un tsunami, les barrières (et leur « gestes » ordonnés) s’effondrent, le flot s’étend inexorablement, qui sera ou seront les prochains tués, abattus, sans que les tranchées (ou les trachées) aient pu résister ?

Il nous manque un De Gaulle et un « Appel » à se retrouver dans un lieu (une île, par exemple) d’où la résistance (et non ce vocable affaibli, selon la doxa présidentielle, de « résilience ») pourrait s’organiser.

Pour toute réponse, on a droit à la liste courtelinesque des lieux « essentiels » (non, les librairies ou les  restaurants et bars ou épiceries ou cinémas ou théâtres ou salles de concerts ou musées n’en font pas partie…) qui, seuls, peuvent laisser leurs portes ouvertes. Mais même les catholiques manifestent sur le parvis des églises pour pouvoir recevoir les saints sacrements autrement qu’en mode « drive ».

Ici, l’auteur anonyme de cette œuvre d’art a réussi à mettre en scène sur un mur de la ville – malgré le « confinement 2 » – cette allégorie en deux couleurs.

La faux s’élance contre la robotisation de nos vies et l’attaque du virus implacable. Un jour, sans doute, l’une vaincra l’autre et on le constatera, tout heureux – si nous sommes encore vivants.

(Wolfgang Amadeus Mozart, Te Deum Laudamus, dirigé par Sarita Cafferata)

Tagué , , ,