Archives du 13/01/2021

Extérieur nuit, plan fixe

(Paris, boulevard Richard-Lenoir, 11e, 29 décembre 2020. Agrandir.)

Une photo de nuit, signée Stéphane Duroy (frère de l’écrivain Lionel Duroy) qui vit à l’air libre, comme il arrive à des expositions (les grilles du parc du Luxembourg ou celles de la gare de l’Est, par exemple) : elle défie, avec d’autres, les rares passants qui affrontent la prochaine chape du couvre-feu de 20 heures, privilège fragile pour le moment attribué à certains départements qui n’ont pas encore été peints en rouge (18 heures) par les « infectiologues » patentés du Palais.

Le souvenir des attentats du 13 novembre 2015 à Paris a ainsi suscité ce chapelet imagé.

Ce sont des images comme sorties sans permission de musées ou de galeries, et qui prennent leur aise jour et nuit, au soleil ou à la pluie, sans tourniquet, sans gardiens, avec la seule supposition ou espoir de la bienveillance des promeneurs, affairés ou pas (comme ces mini-portraits « de rue » repérés et dénombrés par l’ami PdB sur son blog Pendant le week-end).

Ici, les photos en grand format absorbent alors le jour et se fondent dans la nuit. Même s’il semble que personne ne s’arrête vraiment pour les décrypter – ou bien serait-ce qu’elles font déjà partie du paysage urbain ? Mais le stationnement prolongé d’un quidam devant une œuvre artistique éveillerait sans doute l’attention sourcilleuse d’une patrouille de police.

La chambre claire le demeure en dépit des heures qui tournent et du temps qui godille.

Sur le boulevard Richard-Lenoir, avec d’autres ombres (comme celles de Robert Desnos, de Pierre Goldman…), les clichés en noir et blanc s’exposent et s’imposent : sans forcer, logiquement.

(Duke Ellington, Black and Tan Fantasy)

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