Trames d’un court voyage dans l’Est = 11 =

Ce tram, dont j’aime la couleur ainsi que la forme anguleuse et étroite, glisse sur le pont (mais sans dérailler), je suis comme installé dans un travelling ou un écran de cinéma, tout à l’avant de la deuxième voiture que j’ai presque l’impression de conduire, même sans aucune manette. Nous allons parcourir la distance qui nous sépare de la Fondation Bayeler, la route n’est pas inconnue mais les arbres jaunissants se dépouillent de leurs feuilles. L’automne rend quelque peu atone.

Il existe donc bien des « mobilités douces » mais quand elles embarquent avec elles un réel imaginaire et ne représentent pas seulement un simple moyen de déplacement. La Suisse a su conserver à Bâle (comme par exemple l’Italie à Milan) ces tramways qui empruntent encore pour certains les mêmes itinéraires qu’autrefois et dont le plan de circulation n’a pas été brutalement subordonné à l’afflux des adeptes des courses cyclistes en ville.

Demain, encore un peu plus de mouvement sonnant sans trébucher… juste avant l’arrivée à notre destination muséale.

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(Bâle, 1er novembre. Cliquer pour agrandir les photos.)

(Erik Truffaz + Sophie Hunger, Let Me Go)

[ ☛ à suivre ]

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18 réflexions sur “Trames d’un court voyage dans l’Est = 11 =

  1. brigetoun dit :

    vrai qu’il a de l’allure ce tram (couleur et ce qu’on en voit puisque les photos nous montrent, et bien, surtout ce qu’on, voit depuis ses fenêtres)

  2. Matatoune dit :

    L’exposition au Musée d’Orsay sur l’arrivée du cinéma soutient l’idée que la démocratisation du train a permis au regard de s’habituer au défilement des images ! Belle illustration ici !

    • @ Matatoune :
      « Je me suis réconcilié avec les chemins de fer, c’est décidément très beau. […] C’est un mouvement magnifique et qu’il faut avoir senti pour s’en rendre compte. La rapidité est inouÏe. Les fleurs du bord du chemin ne sont plus des fleurs, ce sont des taches ou plutôt des raies rouges ou blanches ; plus de points, tout devient raie ; les blés sont de grandes chevelures jaunes, les luzernes sont de longues tresses vertes ; les villes, les clochers et les arbres dansent et se mêlent follement à l’horizon ; de temps en temps, une ombre, une forme, un spectre debout paraît et disparaît comme l’éclair… »
      Lettre de Victor Hugo à Adèle le 22 août 1837, in Aperçues, Georges Didi-Huberman (Les Éditions de Minuit, 2018, pages 48 et 49). 😉

  3. Francesca dit :

    Oui, merci de la promenade, dehors et dedans ! Plaisir de cette impression de conduire train, tram ou métro (ligne 14 par ex.)

  4. lyssamara dit :

    Et « Let me go » chanté par Sophie Hunger.
    🙂

  5. PdB dit :

    tant que le Christ nous donne l’heure… nous voilà (pratiquement) sauvés, non ?

  6. Robert Spire dit :

    Je suis cette horloge rigide coiffée d’un volatile ridicule. Tel un Christ haut, j’emballe la curiosité des voyageurs qui se trimballent en tram… 🙂

  7. Mais on dirait que le tram étire le temps une journée entière avant l’arrivée au musée

  8. Le métro parisien est un instrument furieux la plupart du temps, incontestablement le tram est mieux armé, question beauté du regard !

  9. @ Dominique AUTROU : l’un est stressant, l’autre est relaxant… 🙂

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