Giuseppe Penone, les arts lézardent les arbres [3/4]

Cette Pensée de feuilles comme un impensé du manque, nervures mentales, poids de l’enracinement, pages arrachées par l’automne, chute et disparition hivernale, les écrits volent au vent, Guiseppe Penone sculpte l’air dans la forêt éparpillée.

Je repense aux Yeux fermés surmontant l’installation centrale (article d’hier) : comme piqués ou aveuglés par les pointes d’acacia, ils me rappellent aussi Les Yeux sans visage, le film de Georges Franju (1960), et enchaînent directement le regard vers les photos ci-dessous : Rovercciare i propri occhi.

Chez Penone, les métamorphoses du bois se déploient, par exemple comme matériau de construction, et la paume de la main ou la peau deviennent aussi l’écorce d’un arbre humain avec son tronc, ses jambes qui plongent dans le sol et sa tête toute proche de la ramure.

Le bois et le livre sont liés, ici les douze Alberi Libro (Arbres-Livre, 2017) sont creusés en suivant les circonvolutions marquées des ans jusqu’à trouver le cœur caché, la page dissimulée en leur sein : la littérature semble palpiter dans cette  étrange bibliothèque en forme de palimpseste.

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(Photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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15 réflexions sur “Giuseppe Penone, les arts lézardent les arbres [3/4]

  1. brigitte celerier dit :

    les bois s’ouvrent, les yeux aux paupières plus ou moins baissées, filtrés vers l’important qui me font penser aux yeux de certains saints ou évêques des tableaux primitifs siennois, la droite splendeur des arbres livres, je l’aimais beaucoup, je l’aime encore davantage grâce à cette exposition, vos yeux, l’entretien regardé hier

  2. Francesca dit :

    Emotion devant « Arbres-livre » !

  3. Godart dit :

    Savoir regarder devrait s’apprendre. Avec vous, nous sommes à bonne école.

  4. PdB dit :

    avec ses arbres ouverts comme un livre, il sublime les tours de la bibliothèque (qu’on a étêtées en leur temps…)

  5. gballand dit :

    Joli ce « Pensées de feuilles » auquel vous rajoutez « impensé du manque » ! J’ai voyagé dans vos articles précédents. Guiseppe Penone était pour moi un total inconnu, désormais, il a mis un pas dans mon univers un peu de sève… 😉

  6. Epatant arbres-livre !

  7. Zoë Lucider dit :

    Conjugaison poétique des matériaux

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