Rue de la Folie mais j’y cours et je ralentis (travaux) aussi ailleurs \1-2/

Au milieu de ces barrages, de ces barrières (sans gestes), de ces palissades, lapalissades répétées et de cet héritage de Bernard Palissy, de ces obstacles et de ces panneaux (dans lesquels il importait de ne pas tomber) et poteaux indicateurs d’avoir à faire demi-tour, de ces flèches tournant sur elles-mêmes et de ces sens interdits (l’avenue de la République était devenue à sens unique), de ces stop and (Hidal)go, de ces caniveaux, cavités, casse-têtes pour GPS en voiture ou pour promenades à pied, de ces labyrinthes éreintants et de ces parcours du combattant, de ces ponts coupés comme celui d’Avignon, de ces murets de béton et de ces murs sans mûres, de ces poteaux en plastique jaune en toc, de ces feux rouges, de ces chantiers à perpétuité et de ces excavations déjantées (même pour les cyclistes au nom desquels la Mairie faisait bosser d’arrache-pied des ouvriers en plastrons orange), de ce massacre du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver, et de leur suite, je pensais à Ralentir Travaux d’André Breton, René Char et Paul Éluard (1930, Éditions surréalistes) et j’imaginais leurs déambulations dans Paris : oui, il restait encore, ailleurs, quelques « passages » couverts, comme des souterrains dans la ville, où les pas perdus des poètes avaient laissé ce qui ressemblait à des traces indéchiffrables et heureuses.

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(Paris, 31 janvier, rue de la Folie-Méricourt et avenue de la République, 11e. Agrandir.)

(Claude Debussy, Rêverie par Alain Planès)

[ ☛ à suivre ]

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27 réflexions sur “Rue de la Folie mais j’y cours et je ralentis (travaux) aussi ailleurs \1-2/

  1. brigetoun dit :

    il faut avouer qu’elle a une façon de se faire aimer assez particulière…. (mais les ponts sont moins radicalement coupés que celui d’Avignon)

  2. C’est bien de la folie et ça gagne aussi la province en général et Lyon en particulier. Plus les cyclistes et autres trottinettes électriques en sens interdit et dispensés de feux rouges et autres stops…

  3. Euterpe dit :

    Que cette absence de verdure, de chats errants, de moineaux piailleurs est oppressante !

  4. lyssamara dit :

    Cela ne fait ni rêver ni planer. Bref, ce pari-là n’est pas folichon !
    🙂

  5. Godart dit :

    À défaut du mouvement perpétuel, la Mairie de Paris a découvert les travaux perpétuels. J’aime bien la petite touche bucolique des « murs sans mûres ».

  6. Francesca dit :

    Dans cette folie, on aime « L’échappée » !

  7. Belle échappée conclusive !
    De mon dernier voyage (comme le temps passe, et le tango aussi…) à Paris, j’ai retenu les immenses tra(n)chées dans sa banlieue, entre Rosny-sous-Bois et Fontenay (sous-Bois également, désinences fantômes d’un passé révolu, et jusqu’à Champs (sur-Marne, cette fois-ci)), du Grand Paris (une épopée inventée par le grand poète Sarkozy). Une métaphore du chemin forestier, donc ?
    Je pensais (bêtement) que les finances publiques étaient serrées, qu’il fallait faire des économies, que le budget des ménages devait se tenir (en bon père de famille, cela va de soi) au centime près, mais non, finalement, l’argent coule à flots dans la belle entreprise. La misère n’existe plus, j’avais dû lire les mauvais livres…

    • @ Dominique Autrou : le « Gross Paris » déborde et l’argent ruisselle, de quoi se plaint-on, hein ?
      Madame Pécresse, partisane de « l’éradication » des… « zones de non-France » (Twitter, 14.11.2021) va devoir s’acheter, en prévision de ces travaux, une centaine de Kärcher® supplémentaires à entreposer dans les caves de ses deux villas de Versailles et La Baule (« Le Canard enchaîné » du 2 février, page 3). 🌀

  8. Robert Spire dit :

    Paris béton n’est plus le Paris Breton,
    Ni les rues Eluard,
    En l’absence de Char :
    On court, on court, Paris piétons.

    Après la folie Sarkozy,
    Un Hollande au ralenti.
    Des travaux en Marche pour une décennie…. 🙃

    • @ Robert Spire :
      Avec Hidalghugo
      Pécresson
      et Zemmourirderire
      on a de quoi faire une chanson ! 🎵 ⚠️ 🎵

      • Robert Spire dit :

        Je vois bien un certain policier syndicaliste chanter :
        « J’ai deux Zemmours,
        Marine et Valérie… »😏

      • @ Robert Spire : la danse du ventre du trio néo-facho devant ce syndicat dont on connaît le verbiage ultra-réac a bien dévoilé leurs programmes (« créer un Guantanamo à la française »… « installer des Algeco dans les cours des prisons »… « renvoyer chez eux les 15 000 étrangers emprisonnés »… etc.), et Gérald Darmanin s’est même senti obligé de critiquer leurs propositions « délirantes » ! 🙂

  9. PdB dit :

    (et encore elle n’est plus aux affaires) (c’est quoi ce chantier oui) on aime beaucoup ce magasin de photo au coin de l’avenue

    • PdB dit :

      et la musique de Debussy tellement belle…

      • @ PdB : oui, « L’Arc-en-ciel » paraît de plus en plus incongru (comme Gibert boulevard Saint-Michel), une sorte de survivance tenace de l’argentique…
        Debussy est proche
        de
        Palissy
        du même bois
        d’inventeur… 😉

  10. gballand dit :

    Un titre qui donne envie de courir pour lire, mais sans ralentir.
    Ah, ce stop and (Hidal) go, il fallait le voir, avec ces travaux, mais les « rêveries » aident…
    Est-ce que Paris souffre avec Madame Hidalgo ? 😉

  11. Quel régal Debussy Planès, j’espère que vous éprouvez ce calme impressionniste quand vous traversez la ville en chantier

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