Archives du 15/04/2022

Le tressaut des barrières

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(Paris, pont tournant vers la rue Alibert, 10e, 12 avril. Agrandir.)

Ce serait comme un péage gratuit, mais uniquement pour les piétons, les vélos, les pompiers, la police (interdit aux automobiles). Les trains se seraient soudain mués en péniches, vedettes touristiques, ou embarcations étrangères s’aventurant dans des eaux inconnues.

Faut-il qu’une barrière soit ouverte ou fermée ? Leur mouvement est toujours ludique, au repos définitif elles n’offriraient aucun charme. Pour la politique, même topo : certains responsables ne songent qu’à en édifier, comme des murs ou des barbelés, entre les pays, les peuples, les langues, les cultures.

Alors, ces barrières ne se tiendraient plus jamais levées, elles enserreraient une fois pour toutes les individus dans leur pré carré, leur village gaulois : ici, une « femme d’État » décolorée en blond, se prenant pour une sorte de Jeanne d’Arc « gaulliste », prêche la croisade contre les mécréants, les musulmans et les déviants, et prétend diriger la France dans un étroit boyau d’écoulement des eaux usées.

Mais la grande lessive approche : il serait plus que temps de faire retentir la sonnerie avant le tressaut des barrières, donnant ainsi le signal final, le 24 avril, pour que la cheftaine du « Rassemblement national » (un nom qu’elle évite maintenant d’afficher et de prononcer) plonge enfin dans l’égout qu’elle a fabriqué elle-même.

(Sergueï Prokofiev, Dance of the Knights in Romeo and Juliet)

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