Archives du 18/09/2022

Électricité manufacturée ?

Manufacture 14.9.22_DH

(Paris, 15 septembre. Agrandir.)

Après le grand plaisir dispensé par le film Chronique d’une liaison passagère, et celui complémentaire d’un restaurant italien, on passe respectueusement devant la galerie toute illuminée de la Manufacture des Gobelins (au numéro 42 de l’avenue), toute illuminée : il est 23 h 02, il y a encore de la marge avant que tous les édifices publics éteignent leurs lumignons ; la tour Eiffel va montrer l’exemple et la planète en sera sauvée, pour une minuscule partie, grâce surtout à la conscience politique « verte » d’une candidate, hélas incomprise récemment, à la présidence de la République.

Un jour, toutes les rues des villes (il n’y a pas que Paris dans la vie) seront complètement noires le soir – on recommandera à la population de ne pas sortir alors dans un tel guet-apens – et les bateaux-mouches sur la Seine jetteront un abat-jour sur leurs projecteurs et loupiotes qui attiraient trop de touristes et d’insectes de nuit aimant se brûler les ailes à des milliers de faux-semblants.

La vie parisienne dans la « Ville-lumière » attendra désormais le moment où rien ne s’oppose au jour, où l’ombre a été annihilée, où les recoins des lieux de mémoire ou d’amnésie n’existent plus, où les boîtes de nuit seront closes, où la clarté a subjugué l’indéfini et les surfaces picturales proposées par un visionnaire nommé Pierre Soulages.

Dans la Manufacture des Gobelins, chacun s’apprête maintenant à pédaler devant sa machine non plus à tisser des tapisseries ou de « hautes lisses » : on produit ardemment de l’électricité à la force des mollets et les jambes des femmes (et des hommes) en prennent des arrondis attractifs.

D.H.

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