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« Doubles vies », un film plutôt simpliste d’Olivier Assayas

Il est toujours agréable de se retrouver, de nuit ou de jour, en face de la mairie communiste de Montreuil (93), avec son style presque Bauhaus.

Le cinéma municipal Le Méliès bénéficie en conséquence de tarifs attractifs (6 € l’entrée, 4 € le tarif réduit) et la foule se presse dans les différentes salles à la programmation choisie.

Samedi soir, c’est le dernier film d’Olivier Assayas qui nous attirait. Bizarre, quand la séance démarre immédiatement, le titre même de l’œuvre, Doubles vies, est absent au début et pas vu non plus au générique de fin (après la liste interminable des remerciements adressés aux représentants des marques si visiblement « placées » tout au long de l’histoire).

C’est la première « comédie » du cinéaste et on pense alors à l’un de ses derniers films, Sils Maria, qui panoramiquait dans les hauteurs voire vers une certaine métaphysique, alors qu’ici on se retrouve au ras des pâquerettes du théâtre de boulevard, le tout enrobé d’une « analyse » du monde de l’édition en proie à la menace du « numérique » par rapport au livre papier : un débat qui semble déjà rongé par sa propre obsolescence programmée.

Malgré les acteurs (Guillaume Canet sans reproches, Juliette Binoche égale à elle-même quoiqu’un peu relâchée, Vincent Macaigne qui en fait des tonnes, formidable Nora Hamzawi, très lisse Christa Theret…), ce film au scénario filandreux est une sorte de catalogue de clichés attendus, une revue de luxe sur certains intérieurs parisiens bourgeois ou bicoque pour nantis les pieds dans l’eau et le whisky, où Olivier Assayas semble s’être pris au jeu des mots dialogués plutôt qu’à la mise en perspective bien cadrée d’une intention claire.

Et si le restaurant de la rue Saint-Benoît – en face de l’ancien appartement de Marguerite Duras – vaut le détour (on y est un peu serré), je peux en témoigner – les discussions oiseuses et emberlificotées sur l’évolution nécessaire de notre époque et d’un de ses métiers intellectuels laissent hélas de marbre.

On aperçoit aussi le grand acteur Pascal Greggory qui joue une sorte de Xavier Niel dont on aurait caché le nom (comme le fait l’écrivain « incarné » par Vincent Macaigne dans les personnages de ses livres d’autofiction), et on se demande en permanence pourquoi Olivier Assayas s’est fourvoyé dans ce vaudeville qui tourne en rond comme un manège et culminera – il ne faut quand même pas exagérer, après toutes ces histoires d’adultères confondantes – par un faiblard happy-end.

Alors, on est content quand s’arrête ce film plutôt simpliste, même si l’Audi conduite par Guillaume Canet, jouant l’éditeur, impressionne.

(photos : cliquer pour agrandir.)

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