Archives de Catégorie: cinéma

Vers d’autre rives, vives ou mortes – 2/2 –

God6bis_DH

(Paris, quai de Loire, 19e, 20 janvier.)

God7_DH

God8_DH

God9_DH

God10_DH

God11_DH

(La photo ci-dessus en cache une autre : cliquer.)

God12_DH

(quai de Loire, après la sortie de la séance du  film. Toutes les images peuvent être agrandies.)

Oui, ce serait cela, le « vrai » cinéma, celui de Hlynur Pálmason et son film Godland : le voyage tourmenté d’un prêtre en Islande, un bain glacé puis chaud et blanc de neige ou de transparence, un saut dans le temps (seulement deux heures vingt de bonheur extatique), dans l’Histoire et dans les rapports humains, trop humains, la nature comme image de Dieu ou l’inverse, l’existence des chevaux qui aiment doucement porter les hommes et les femmes, la mer, l’eau, les rivières, la cascade interminable, le glacier changeant, le volcan furibond, l’église en construction, les accidents évidemment imprévisibles, la photo sur plaques avec sels d’argent, le voile sous lequel se cache l’opérateur pénitent et impénitent, le sourire d’une jeune femme découvrant sa propre apparition dans le « révélateur » en chambre noire comme au travers du miroir rougissant, le silence de l’espace et la contusion de la marche, le souffle du vent et la respiration qui s’achève, les traces des mois et des années sur ce qui a été perdu (un animal aussi sensible que nous), le climat dur, la dimension désertique de ce pays nordique – et la confrontation avec le passé de l’ancien colonisateur danois – et puis les deux habitations comme des îlots miraculés, la douceur du regard de la plus jeune des deux sœurs, photographiée allongée ou assise sur son cheval, la prière comme moment d’échange intense, le format du cadre 1,33:1 qui dépasse paradoxalement celui du cinémascope par sa rigueur et sa profondeur de champ, de ligne, d’horizon au-delà du visible, vers d’autres rives, vives ou mortes, la musique envoûtante juste ce qu’il faut, et des acteurs qui crèvent (à) l’écran, et des actrices pianotant sur nos rêves trop tôt achevés par le générique final d’un chef-d’œuvre artistique indescriptible (c’est là son signe distinctif).

D.H.

[ ☞ FIN ]

Tagué , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :