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(Phil)harmonie d’un soir **** 2/2 ****

(Philharmonie de Paris, le 24 octobre.)

Plaisir d’aborder le vaisseau de la Philharmonie de Paris, cette fois-ci par la pente douce qui y conduit de l’autre côté de l’entrée qui longe la Cité de la musique. Le rose fané nimbe le bâtiment d’un halo sans baguette. L’escalator est pour partie en panne mais le ciel musical n’est pas loin.

Si l’on change de place, ici, dans le dos des interprètes, l’aspect vertigineux de la salle est gommé comme lorsque l’on entre habituellement par le dessus des balcons. Mais on pourra ainsi dévisager le chef invité de l’Orchestre de Paris, Christoph von Dohnányi, qui « conduira » l’ensemble assis sur une chaise (il a quatre-vingt dix ans).

Trois pièces sont listées au programme très agréablement composé : Haydn, Ligeti, Brahms, à l’instar d’un audacieux feuilleté classique/contemporain/classique mêlant goûts et saveurs, découvertes et couleurs.

La Symphonie N°12 en mi majeur (1763) de Joseph Haydn se déroule en trois mouvements. Un voyage de 16 minutes, joyeux, calme puis entraînant, une virtuosité et un accomplissement de tous les instants, un parfait petit bonheur.

Le Double concerto pour flûte et hautbois (1972) de György Ligeti atteint d’emblée des sphères fines, éthérées, sinusoïdes directes ou chantournées, qui font immédiatement rêver et planer. « L’harmonie à douze sons menace constamment d’éclater comme une bulle de savon », remarquait Ligeti pour cet opus qui ne dure que 15 minutes… bien trop courtes.

Enfin, la Symphonie N°3 en fa majeur, op. 90 (1883) de Johannes Brahms (33 minutes) emporte l’auditeur dans un fleuve non pas impétueux mais doux, consolant, avec quelques récifs, un flux qui nous mène sans appréhension, dans le troisième mouvement célèbre pour sa ligne mélodique, vers sa fin bienheureuse.

La sonorité de l’Orchestre de Paris est un vrai régal : ample et modulée, distinguant les détails (percussions) sans les privilégier. Le chef dirige l’orchestre comme s’il connaissait par cœur les trois œuvres (il tourne pourtant les pages des partitions), ses gestes sont précis et suscitent les réponses des musiciens tous au summum de leur art.

(photos : cliquer pour agrandir.)

(Joseph Hayd, Symphonie N°12, Giovanni Antonini, Il Gardino armonico)

[ ☛ FIN ]

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