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Deux pays du Nord, Belgique et Pays-Bas, imagés et imaginés [9]

Il était tentant de revoir à La Haye le Mauritshuis, déjà visité il y a quelques années, pour le plaisir de dire à nouveau bonjour à Rembrandt, Vermeer et quelques autres artistes – toujours bien « accrochés » malgré le passage du temps.

La sensation de pouvoir regarder et approcher l’œuvre véritable – difficile alors de rendre cette impression de « réel » en photo ! – est mélangée à une sorte d’incrédulité (on connaît les reproductions de certains tableaux célèbres) et à un net ravissement. L’unique se présente à nous, sans fioritures, en toute simplicité, tel qu’il devait être contemplé ou admiré à l’époque où il fut peint.

Oui, c’est une sorte de privilège, qui explique que tout le monde veuille en profiter. Ici, les visiteurs n’embouteillent pas les salles, pourtant petites : il y a une sorte de régulation naturelle qui évite la ronde des têtes bouchant la vue ou les dos carrés barrant le cadre escompté.

La Leçon d’anatomie du Docteur Nicolas Pulp de Rembrandt est à cet égard la transformation diabolique du pinceau en scalpel porté dans la peinture elle-même, montrant sa surface et ses viscères. Son aspect « pédagogique » explique ce que le dessin et la couleur peuvent faire naître – sur un genre de « nature morte » – à partir d’un événement quasi « atomique » dans l’exercice reproduit jusqu’aux moindres détails.

Tous les personnages participent à la mise en scène : leur attention, leur révérence face au maître (de médecine ou de peinture) sont éloquentes et silencieuses. Le tableau devient alors une autopsie de l’art lui-même qui a dû frapper les contemporains ayant eu la chance de le découvrir fraîchement réalisé.

(Rembrandt, Minerva, 1630)(Rembrandt, Autoportrait, 1669)

[photos : cliquer pour agrandir.]

[ ☛ à suivre ]

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