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La voiture est un trait filant ou un attrait fini

(Paris, Gif du 17 juin. Cliquer pour agrandir. )

La voiture est un trait filant ou un attrait fini.

Cette liberté individuelle de se déplacer en automobile est en train (de nuit) de se réduire à une peau de chagrin. Et ce ne sont pas les « voitures autonomes » qui risquent, sans empêcher les embouteillages, de la sauver du couperet survolant le toit transparent au-dessus de la tête du conducteur.

Nos jeunes « volontaires », de 15 à 16 ans, n’ont pas encore le permis de conduire, on leur prodigue en échange des stages « pédagogiques » dans ce merveilleux SNU (Service national universel) où ils apprennent (il n’est pas trop tôt !) à se lever à 6 heures 30, à « saluer les couleurs » et à chanter la Marseillaise tous les matins, ça met en forme et de bonne humeur pour toute la journée.

Gloire à la France éternelle et au Maréchal Pétain dont la seule définition est pour eux d’être « le vainqueur de Verdun ». Ces ados, sans doute buveurs invétérés, fumeurs de substances interdites et futurs délinquants, seront enfin « managés » dans le bon sens du parcours « en marche ».

Puisque c’est le travail qui est érigé en valeur dominante, le « mérite » sera récompensé comme il se doit (des dizaines milliers de breloques bleues sont en cours de fabrication).

Même si notre bien-aimé Président Macron a déclaré le 11 juin à Genève qu’il voulait « remettre de l’humanité, de la proximité » – elles auraient donc disparu ? – dans sa manière de gouverner (les éborgnés et les chômeurs sous le nouveau régime Philippe/Pénicaud ont apprécié), la vis est sérieusement serrée, tout redevient comme avant, et en pire.

Bien, là je descends au sous-sol de l’immeuble, je fais démarrer ma Renault (même pas peur du fantôme Ghosn) et je sors de la ville, sans devoir demander, pour le moment, une quelconque autorisation vraisemblablement pas encore élaborée.

Je n’ai alors pas besoin d’attendre un bus pendant 20 minutes, sous un auvent à un seul pan, ni de prendre un TGV ou un TER sur le billet duquel on exige que je décline mon identité. Vivement la reconnaissance faciale à la chinoise grâce aux progrès, légèrement en retard, de notre « start-up Nation » !

Voilà, maintenant je roule avec mes propres mains sur le volant, je vais où je veux, je branche ou pas le GPS, le paysage défile : somme toute,  il est reposant, ce travelling.

La campagne, qui n’est pas encore municipale, verdoie et la route poudroie.

(Count Basie, Straight Ahead)

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