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Rue des Récollets, Paris 10e

(cliquer sur l’image et le petit haut-parleur)

Hier après midi, j’ai pris cette vidéo de six secondes rue des Récollets, Paris 10e, en revenant du cinéma Louxor, où j’avais vu La Tête haute, d’Emmanuelle Bercot.

On se demande quand même qui a choisi ce film, et sur quels critères, pour faire l’ouverture du festival de Cannes tant la faiblesse du scénario, la mise en scène inexistante, le jeu caricatural des acteurs (Rod Paradot en jeune hystérique, Benoît Magimel imitant Sean Penn, Sara Forestier à la figure de déjantée, Catherine Deneuve en manque d’une cigarette à la bouche pour être crédible dans le rôle d’une juge…), le manichéisme (peau noire, masques blancs), le choix ridicule de la musique (Bach et autres + rap), et le happy end controuvé le rendent pénible, ennuyeux, agaçant, horripilant et aussi vite oublié, heureusement, qu’entrevu.

Ce film avec ses lourds sabots conformistes (je viens de lire après coup cet article) ne marquera pas l’histoire du cinéma sur la Croisette – et l’on souhaite qu’il laisse vite la place sur les écrans à de vraies œuvres cinématographiques, comme sait en réaliser, par exemple, Nanni Moretti.

Tête haute 20.5.15_DH

Après la séance dans la salle luxueuse, je repensais a contrario au film incroyable du cinéaste suédois Roy Andersson Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence (vu au MK2 Beaubourg le 29 avril), où l’invention, la surprise, l’inattendu, l’image improbable (séquences extraordinaires du cavalier entrant à cheval dans le café tandis que l’armée défile dans la rue, et du monstrueux tonneau pour esclaves tournant comme une bétonnière…), l’humour et la métaphysique, se mélangent dans un traité filmique – composé uniquement de plans fixes – digne à la fois de La Boétie, de Voltaire et de Schopenhauer.

Pigeon 29.4.15_DH(les deux photos sont agrandissables.)

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