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En passant, en pensant rapidement à Kant

« Tout ce qui manquait à Hume, c’est la conception des jugements synthétiques a priori, qui sans être tirés de l’expérience la rendent possible.
Kant fut « réveillé de son sommeil dogmatique » le jour où il lut Hume, notamment la subtile et pénétrante critique de la connaissance de la causalité, développée dans la septième section de l’Essai sur l’entendement humain de 1748.
Cette critique lui révéla que le jugement de causalité n’est point, comme on le croyait, un jugement analytique tirant de la cause l’effet qui s’y trouverait précontenu ; mais un jugement synthétique affirmant une « connexion nécessaire » entre une cause et un effet radicalement hétérogènes l’un à l’autre. La critique de Hume montrait qu’une telle connexion n’est connaissable ni a priori par déduction (l’effet n’étant point analytiquement précontenu dans la cause) ni a posteriori par expérience (l’expérience ne pouvant donner à connaître que des conjonctions empiriques entre des événements « entièrement lâches et séparés », mais jamais des connexions nécessaires). Cette critique induisait au scepticisme et compromettait gravement les « lumières », non seulement celles de la métaphysique prétendant connaître des réalités transcendantes, mais celles mêmes de la physique prétendant connaître des nécessités phénoménales. Seule subsistait, scientifiquement valable, la mathématique, parce que les jugements mathématiques étant, aux yeux de Hume, des jugements analytiques, leur nécessité pouvait être connue a priori. »

Joseph Vialatoux, La fin du sommeil dogmatique de Kant (Encyclopédie de L’Agora, 2012).

Silence1_DH(Paris, rue Béranger, 3e, le 24. 12. 2014.)

Silence2_DH(Rue Eugène Spuller, 3e, le 24. 12. 2014. Cliquer pour agrandir.)

(Chopin, Nocturne Op. 27 N° 2 en ré bémol majeur, Élisabeth Sombart)

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