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Jean-Michel Othoniel à Sète (5)

Le bâtiment semblait petit, vu de l’autre rive du canal à Sète. Mais une fois franchi l’accueil fort aimable des hôtesses du CRAC (Centre Régional d’Art Contemporain) d’Occitanie, pour parcourir l’exposition Géométries Amoureuses de Jean-Michel Othoniel, les portes de la dimension s’ouvrent.

D’emblée, The Big Wave (2017) nous frappe et désire presque nous engloutir. Cette sculpture fantastique est réalisée avec plusieurs milliers de briques de verre, soufflées en Inde, et collées entre elles. Il s’agit à la fois d’une réminiscence du tsunami de Fukushima (2011) – l’artiste préparait à cette époque une exposition au Japon – et d’un hommage à la célèbre photographie de Gustave Le Gray, portant le titre originel, et réalisée en 1857… à Sète.

L’équilibre de l’installation et sa propension à s’étaler, comme suspendue avant la chute, impressionne : son mouvement abstrait semble avoir été fixé comme par un instantané alors même qu’il paraît proche de prendre vie dans l’éclaboussement total.

D’autres salles présentent de hautes obsidiennes, en lave anthracite de volcan, retaillées et reflétant parfois le regard des spectateurs.

On grimpe ensuite à l’étage supérieur où sont réparties les peintures de Jean-Michel Othoniel ; l’art du geste jeté sur la toile se décuple en sculptures ayant pour thème le lotus noir.

Puis les cimaises établissent un ordre successoral où les couleurs et les figures minimalistes des tableaux viennent se mêler parfois de photographie.

Un Gigantic Necklace (2012), en verre miroité et inox (850 x 90 x 55 cm), joue au bijou indiscret entre le rez-de-chaussée et l’exposition du sommet.

Enfin, des tornades de perles entourent les visiteurs comme si la mer du début avait réussi elle-même à matérialiser et comptabiliser ses innombrables gouttes.

« La visite se déroule ainsi du noir de l’océan originel, passant par la puissance de la nature indomptable et de ses reflets, jusqu’à l’apaisement né de la simple contemplation d’une fleur fragile. Une pensée sauvage, un violet profond, suggère un désir d’élévation et de calme. Je lie la lumière et l’obscurité, le monumental et le fragile, l’austérité et le merveilleux, le minimal et le baroque. » (interview de l’artiste, extrait du mini-catalogue, gratuit comme l’entrée.)

(cette photo en dissimule une autre.)

(photos : cliquer pour agrandir ou découvrir.)

(Clifford Brown, Sandu)

[ ☛ à suivre ]

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