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D’un labyrinthe noir et/ou lumineux ======= 5/5 =======

L’une des toiles monumentales, qui semble suspendue au-dessus des abîmes incertains, a été réalisée en trois jours : La nuit aveugle, de Guiseppe Pinot Galizzio, surplombe le parcours qui s’achève.

Comment, dans les dernières salles, avec ces collections de dinosaures peints, fabriqués pour les enfants, sculptés d’après souvenir…, filmés (Jurassik Park), photographiés (ici par Wim Wenders), enregistrés – ils concurrencent quelque part le chant des baleines – ne pas se sentir transporté comme dans une œuvre de science-fiction ? Un come-back vers la préhistoire avec ses hommes chevelus, « vêtus de peaux de bêtes », ses femmes dépoitraillées, et ses animaux devenus mythologiques sitôt apparus.

Alors, le lien se resserre : le court-métrage de Marguerite Duras adopte pour sa vision la symbolique des « mains négatives » sur les parois des grottes, le geste impulsif des artistes rupestres, champêtres, explorateurs des tréfonds, navigateurs de l’obscur, éclairés par le seul désir de marquer leur passage dans le temps, l’art se trouvant soudain à la portée de leur créativité découverte et, comme un flambeau ou un témoin, pouvant être transmis en signe amical, dédié peut-être à ceux qui viendraient sans doute plus tard dans le flux des millénaires apporter leur propre interprétation du monde.

(Giuseppe Pinot Galizzio, La Notte Cieca, 1962.)

(Miquel Barceló, Fresque murale, sans titre, 2019.)

(Richard Long, Snake Circle, 1991.)

(Wim Wenders, Dinosaur and Family, California 1983.)

(Giuseppe Penone, Struttura del tempo, 1991-1992.)

(Marguerite Duras, Les Mains négatives, 14’20, 1979.)

(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ FIN ]

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