Pure escale à Milan (21)

Le spectacle terminé, et encore tout ébaubis par la force contenue dans l’opéra de György Kurtág débordant l’écrin de la Scala de Milan, nous sortons de la salle de concert tandis que le convoi officiel des gouvernants mélomaniaques s’évanouit au loin avec ses gyrophares bleus dans la nuit tranquille.

En face, Leonardo, le grand artiste merveilleux, veille. Je repense alors au livre perçant et inoubliable de Freud, Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci (1).

L’immense galerie Victor (un autre) Emmanuel est à deux pas. Elle présente un aspect surréaliste – ou futuriste – à la fois à cause de ses dimensions et de ses jeux spéculaires, spéculatifs et métaphysiques.

Sur ces perspectives, après un délicieux repas de pâtes aux fruits de mer, nous regagnons à pied (et avec bravoure) notre hôtel sûrement déjà endormi.

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(1) Gallimard 1927, traduction Marie Bonaparte, collection Idées/Gallimard N°377, 1977.

(photos : cliquer pour agrandir.)

[ ☛ à suivre ]

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15 réflexions sur “Pure escale à Milan (21)

  1. brigetoun dit :

    merveille de sortir ébaubi par la force de ce qu’on a entendu
    merveille de la beauté de cette ville dans la nuit
    n’ai pas lu le Vinci de Freud … crois que vas le chercher
    et merci pour votre Milan (qui chic ne s’achève pas là)

  2. le plat du 15 novembre fait envie

  3. PdB dit :

    un des plus beaux livres de Freud (dans mon souvenir…) (les passages me font penser à Walter Benjamin)

    • @ PdB :

      • Léonard de Vinci, un précurseur : « Il était doux et affable envers tous, évitait, dit-on, la nourriture carnée, trouvant injuste de prendre aux animaux leur vie, et se faisait une joie d’acheter au marché des oiseaux afin de leur donner la liberté. » (page 20)

      • passages : oui, mais celui-là, c’est dix fois ou cent fois un passage parisien (en termes d’espace) ! 🙂

  4. Godart dit :

    À l’instar des sept merveilles du monde, la Scala pourrait faire partie d’un parcours de vie où sept vœux seraient à réaliser.

  5. Francesca dit :

    Je viens juste le 10 décembre de vendre mes cinq ou six Freud en collection « Connaissance de l’inconscient » de la NRF, dont celui-ci que je regrette déjà… mais il fallait faire de la place.
    Magnificence des galeries milanaises !

    • @ Francesca : Pour le retrouver, voilà un cadeau de Noël (pas cher) à te faire offrir ! 🙂

      • Francesca dit :

        Ah oui, petit prix, merci, mais non, je l’ai bien en tête et racheter ce dont je me suis séparée par nécessité serait insensé d’autant qu’il y en a encore environ quatre mille autres à trier 😦

        @ Francesca : bon courage ! 🙂

  6. Alex dit :

    Il y a le subconscient, qui a permis à certains psychiatres d’exploiter la crédulité des gens riches. Mais il y a le surconscient, ce qui donne les Opéras ou un Léonard de Vinci.
    Léonard, écologiste de la vieille école avant l’heure, végétarien, excluait aussi les produits animaux de ses préparations picturales.
    Il inventait ses couleurs uniquement à base de plantes ou de minéraux.
    Ce pourquoi ses tableaux sont très difficiles à restaurer.

  7. tartaglia dit :

    Vous ne photographiez jamais ce que vous mangez?

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